A Bordeaux, le pain dur est transformé en gâteaux et en… pains

Du pain croustillant, des cookies à s’en damner. Mais qu’est-ce que ça cache ? Les recettes « des évadés » de la start-up bordelaise Expliceat sont faites avec du pain dur invendu. Entrons voir, n’en perdons pas une miette.

Bordeaux, un mardi midi dans une institution. Autour du sapin fraîchement décoré, un buffet aux couleurs appétissantes n’attend plus que ses invités. Sur des ardoises est disposée artistiquement une multitude de canapés. Les portes de l’auditorium s’ouvrent et laissent s’échapper les affamés… Sus aux canapés ! Whoua, ça claque les papilles ! J’adore !

Deux tonnes de pains jetées par an

Test gustatif réussi ! Mais qui se cache derrière ces canapés ? Une marque écoresponsable, Expliceat. Franck Wallet, son fondateur, nous explique, « Tous les produits du buffet sont fabriqués à partir de farine issue du pain sec ». Comment lui est venue l’idée ? Bénévole aux Restos du cœur il y a quelques années, il récolte les invendus des boulangeries parisiennes. Malgré ces dons, le gâchis est énorme. Deux tonnes de pains sont jetées par an. Franck teste plusieurs recettes anti-gaspi. Après une overdose familiale de pain perdu, il change de stratégie. Il broie le pain dur et intègre cette farine deuxième génération dans la composition de pains et de pâtisseries. Expliceat est née !

Franck Wallet fondateur d’Expliceat

Lutte anti-gaspillage

Le cheval de bataille de Franck ? Le gaspillage alimentaire. «C’est avant tout une question sociale et éthique. Est-il normal de jeter quand certains souffrent de la faim ?». Avec sa jeune équipe, il lance l’offensive. 4 actions sont au menu. Priorité n°1 : La vente de broyeurs de pain, baptisés Crumblers. Aujourd’hui, une vingtaine de boulangeries en sont équipées. «Mais Expliceat va plus loin, nous fournissons des recettes aux boulangers et nous assurons la promotion». Deuxième mission : le conseil auprès des collectivités. La communauté de commune de Montesquieu leur a récemment commandé un audit sur 10 sites. L’activité s’est ensuite diversifiée avec le lancement d’une centaine d’ateliers de sensibilisation grand public et l’organisation de 60 buffets écoresponsables sur 2018.

Souhaitons que les 1 001 recettes des évadés soient bientôt traduites dans toutes les langues.

Sophie Nicaud