Mais pourquoi les hommes n’assument-ils pas leur migraine ?

Madame a la migraine. Ne bougez plus, le cliché est parfait ! Des hommes qui se prennent la tête, eh bien, oui, ça existe, j’en ai rencontrés. Pourtant hors de question de s’avouer victime d’un mal dit féminin. Retour sur ces migraineux qui s’ignorent.

Alors que certaines crient « Eh, Johnny, fais-moi mal » d’autres diffèrent le rapport sexuel avec un diplomatique « Pas ce soir, chéri, j’ai la migraine ! ». Si cette stratégie d’évitement est devenue culte, la migraine se classe néanmoins aujourd’hui au top 20 des maladies invalidantes par l’OMS. Dans la famille des migraineux, nous avons seulement un homme pour 3 femmes. Est-ce pour autant une maladie de bonne-femme ?

Des gènes égalitaires

Qu’on se le dise, la migraine est la même chez les deux sexes. Même localisation, même type de douleur et même fréquence des crises. En remontant à la source de l’information, des chercheurs de l’Inserm ont mis la main en 2011 sur 3 gènes dont les variations, communes à tous les migraineux, se déclinent, sans surprise, au masculin comme au féminin.

Moi Homme, même pas mal !

Alors pourquoi ces chiffres de 1 pour 3 ? On nous aurait menti ? En fouillant les méninges collectives, des sociologues trouvent deux raisons pour lesquelles les hommes ne se déclareraient pas. La première prend racine dès l’Antiquité. Pour un homme, avouer souffrir d’une maladie du sexe faible, plutôt mourir ! D’autant plus si les crises ont lieu pendant l’acte sexuel.

Deuxième raison, le manque d’information n’incite pas à consulter. Fait aggravant, les médecins, eux-mêmes, sont peu formés. Ils éprouvent des difficultés à penser « migraine » chez les hommes tout comme à penser « crise cardiaque » chez les femmes.

Question de perception

En parlant de cliché, savez-vous que les techniques modernes d’imagerie montrent que la perception de la douleur est différente selon le sexe ? Question de circuits, paraît-il. Pour une même douleur, les hommes migraineux seraient moins gênés que les femmes, les veinards, et consulteraient donc moins souvent qu’elles.

Pour les mécanismes, il faudra repasser plus tard. Cependant, il est fort probable que les hormones sexuelles jouent un rôle sur la mise en place de ces circuits.

Alors oui, même si nous ne la vivons pas de la même façon, la migraine est aussi un problème de mec !

Sophie Nicaud