D’où viennent les poux ?

C’est le cauchemar de tous les parents dès la rentrée des classes, et ce jusqu’à la fin de l’année scolaire : l’invasion des poux. Pourtant, la petite bête est inoffensive et elle n’a pas d’effets secondaires. Si ce n’est la gratouille.

« Nous sommes en réalité allergiques à sa salive », explique Sandrine Capizzi, maître de conférences et chercheuse en parasitologie à l’université de Lorraine. Le pou enfouit sa tête dans notre cuir chevelu car il a besoin de sang pour se nourrir et vivre. Certains y sont insensibles et d’autres ont développé une résistance à ses « piqûres ». Mais ne les jalousez pas, ils peuvent être des porteurs continuels de poux, responsables de sa survie toute l’année et de sa transmission quand nos chères têtes blondes sont rassemblées.

Chaque animal a ses poux, mais l’homme a une seule espèce sur sa tête. « Elle était certainement là avant l’être humain, chez les primates, puis elle s’est adaptée à l’homme au fur et à mesure de son évolution. On en retrouve même chez les momies », développe Sandrine Capizzi.

Mais le pou ne peut pas vivre à l’extérieur. Notre cuir chevelu représente donc la bonne niche suffisamment chaude et humide. C’est pourquoi la nuque et l’arrière des oreilles sont des zones qu’ils affectionnent tout particulièrement. D’où l’expression « bien se laver derrière les oreilles ». Et, contrairement à une idée reçue, le pou n’est pas lié à une mauvaise hygiène. On serait même tenté de dire qu’il aime la propreté. En effet, il lui faut des cheveux secs et fins pour un biotope idéal. C’est pourquoi les cheveux des enfants sont des cibles privilégiées, car ils sont moins gras que chez les adultes.

En revanche, les poux n’ont pas toujours été chassés par les humains. Habituées pendant des siècles à leur présence, les différentes classes sociales ne s’en occupaient guère. Mais l’amélioration de l’hygiène de vie au XXe siècle a contribué à organiser sa chasse. Une chasse tous azimuts qui n’est pas toujours efficace. Alors qu’il existe deux grands types de produits – les insecticides et les agents enrobants –, la meilleure méthode, aussi bien en prévention qu’en traitement, reste le peigne, qui enlèvera les lentes.

Alors, à la lecture de ces lignes, ça vous gratouille ou ça vous chatouille ?

Alexandre Marsat

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
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