A Limoges, on fait la sieste dans un bar

Une bonne sieste n’a jamais fait de mal à personne. Voilà justement le concept que propose le Shinrin Yoku à Limoges, un bar où la détente est érigée en art de vivre.

Il paraît que les Français se cachent pour faire la sieste. Dans un local au fond d’un couloir de leur entreprise, dans un recoin d’entrepôt, derrière leur ordi ou dans leur voiture. Histoire de ne pas être surpris par un collègue qui se moquerait, ou pire, les dénonceraient au chef.

Pour somnoler entre deux dossiers urgents et quatre réunions, rendez-vous au Shinrin Yoku, rue du Temple à Limoges. Un havre de paix et de verdure en centre ville ouvert depuis six mois. Il a déjà ses habitués, jeunes actifs overbookés ou étudiants stressés.

Des hamacs douillets à l’étage, suspendus au plafond, vous attendent pour tomber dans les bras de Morphée. L’ambiance est feutrée, bercée par les cuis cuis des petits oiseaux.

Céline Touze a aménagé ce lieu unique après avoir claqué la porte du centre hospitalier où elle travaillait depuis vingt ans en tant qu’infirmière. « Épuisement professionnel… j’avais besoin de réfléchir à mon avenir. Les gens sont toujours speedés et il n’y avait pas un seul lieu pour se poser. »

Des capacités intellectuelles régénérées

Adepte du bain de forêt (Shinrin Yoku), une pratique thérapeutique reconnue au Japon, elle ouvre un bar à détente. « En France, la sieste est mal vue, c’est pour les fainéants, dit-on. Pourtant, une session de 10 à 20 minutes permet de récupérer ses capacités intellectuelles, d’être plus concentré donc plus efficace dans son travail après le déjeuner. Elle facilite la digestion et favorise le sommeil le soir. C’est un moment réparateur. »

Revigorés, vos neurones seront prêts à faire feu tout l’après-midi. « Dommage que cela reste marginal en entreprise, les patrons ignorent les bienfaits d’une sieste ».

Une plongée dans un bain de forêt

Pour se détendre, on peut aussi se plonger dans le bain de forêt. Cet îlot de verdure reconstitué avec de vraies plantes (pas des nids à poussière en plastique), on lâche prise, lové dans de confortables sièges en bois, au gré des chants d’oiseaux enregistrés par Cécile dans de vraies forêts. « On est déconnecté de l’effervescence de la ville, du rendement qu’on nous demande, les gens en ressentent le besoin. Cela apporte les mêmes bienfaits que la sieste avec une immersion méditative par nos cinq sens. » Une soupe veggie ou une infusion bio et on repart regonflé au boulot, pas au dodo.

Corinne Mérigaud