Pourquoi l’eau éteint-elle le feu ?

C’est parfois derrière les questions les plus simples que l’on trouve les réponses les plus étonnantes : l’eau n’éteint pas le feu parce que c’est du liquide. L’eau vient étouffer les flammes du feu et le refroidir.

Regardons de plus près les flammes : pour se propager, le feu a besoin d’oxygène. D’ailleurs, on souffle sur les braises pour faire naître la flamme. Et une cheminée qui fonctionne est une cheminée qui tire bien… Pire, le moindre courant d’air ou appel d’air va faire gonfler les flammes d’un incendie qui se déclare. En privant la flamme d’oxygène, elle va disparaître. C’est ainsi qu’on peut étouffer un – petit – feu avec une couverture. A encore plus petite échelle, si on met une bougie dans un bocal, elle s’éteint. Ainsi, si l’eau étouffe la flamme c’est parce qu’elle se transforme en vapeur au contact du feu. Une vapeur qui, par son volume, va prendre toute la place et chasser l’oxygène.

Pour de belles flammes, il faut donc réunir un carburant – l’oxygène – et un combustible – ce qui brûle. Manque un troisième élément essentiel : l’énergie, ou énergie d’activation, qui provient d’une étincelle entretenue par la chaleur dégagée par le feu. Un cercle vicieux donc, qui permet aux flammes de se propager à vitesse grand V.

Pour éteindre un feu, il faut donc éliminer l’oxygène mais aussi réussir à diminuer la chaleur. C’est là que l’eau est incontournable : en arrivant au contact du feu, elle se vaporise. Et, comme pour nous l’été, cette vapeur refroidit le milieu où elle est. Elle capture la chaleur du feu et contribue à empêcher le feu de se répandre.

Ce refroidissement notamment des braises est la raison pour laquelle les pompiers mettent de la mousse dans l’eau chargée dans les Canadair. Les gouttelettes d’eau étant prisonnières de la mousse, elles se libèrent au fur et à mesure au contact de l’incandescence. Ce qui engendre la perte de chaleur du feu. Oxygène et chaleur étant combattus, le feu peut ainsi réduire et disparaître.

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Alexandre Marsat