La culture de l’avocat assèche les rivières du Chili

Décidément l’avocat a mauvaise presse. On connaissait les effets néfastes de sa culture en masse au Mexique, comme l’avait dévoilé Envoyé Spécial. Elle détruit les forêts, remplace les cultures vivrières et inonde de pesticides les champs, les habitants puis les consommateurs…

Mais l’avocat est un fruit recherché en Amérique du Nord comme en Europe où ses nombreuses vertus sont vantées. La demande ne cesse d’augmenter et la production dans les pays d’Amérique du sud s’étend. Pour le Chili et le Mexique, c’est un même un enjeu d’essor économique.
Le problème, c’est que ce gros fruit à noyau a besoin de beaucoup d’eau pour son développement. Une gourmandise qui un a coût considérable pour l’environnement de ces pays.

100.000 litres d’eau quotidien par hectare

National Geographic alerte : « lorsque l’on sait que pour irriguer un hectare d’avocats, 100 000 litres d’eau quotidiens sont nécessaires (l’équivalent de la consommation d’eau de 1000 habitants), on saisit l’enjeu écologique relatif. Enjeu auquel s’ajoute les conditions très spécifiques de transport et d’exportation du fruit, très énergivores. »
1000 habitants par hectares ! Pour bien se rendre compte, il faut ramener cela à la densité de population par kilomètre carré (100 hectares) : cela donnerait une densité de 100.000 habitants/ km2. Impossible ! Pour comparaison la densité moyenne de population en France est de 116 habitants/km2.

Ramené au fruit, il faut 1000 litres d’eau pour 3 avocats. On devine l’empreinte écologique de l’avocat. Résultats ? Les habitants manquent d’eau car elle est détournée pour cette culture rémunératrice et les pompages des nappes phréatiques assèchent toutes les rivières au Chili depuis de nombreuses années.
Les habitants n’ont plus une goutte d’eau pour boire ou se laver. Et, quand ils le peuvent, ils doivent faire venir l’eau par camion citerne.
Une dépêche de l’AFP sur le sujet rappelle : « Et sans eau dans les rivières, c’est tout un cycle naturel qui est perturbé: pas d’évaporation, pas de formation de nuages, pas de précipitations. »

Cette catastrophe écologique liée à la culture de l’avocat rejoint donc la longue liste des précédentes.

Alexandre Marsat