Miel, rouge, myope,… 5 idées reçues sur les animaux

Les animaux, c’est un peu le domaine de prédilection de l’idée reçue. Parce que pendant longtemps, l’homme étant la mesure de toute chose, on a évalué les réactions animales à l’aune de notre comportement. Il n’y a guère que depuis un demi-siècle que l’éthologie permet d’y voir plus clair.

 

1- Les éléphants ont peur des souris

Les Grecs eux-mêmes croyaient déjà à la légendaire craintes des éléphants. Certes, il est juste qu’un éléphant peut modifier sa trajectoire lorsqu’une souris déboule devant lui. Mais c’est seulement parce qu’il est plus lent et qu’il y voit mal : surpris, il se détourne pour mieux appréhender ce qu’il a aperçu. Il fait d’ailleurs ça avec tous les petits animaux rapides.

S’il avait vraiment peur, il écarterait les oreilles et reculerait franchement pour prendre de la distance pour s’enfuir ou charger. Mais le mythe était tellement séduisant intellectuellement (genre David contre Goliath) qu’il a traversé des siècles.

2-Les ours raffolent du miel

Depuis que les enfants ont leur nounours, l’idée de la bestiole se régalant de sucreries comme un bambin est tellement choupi ! Sauf que… elle est vraie. L’ours apprécie réellement le miel. En fait, c’est un des rares animaux, avec l’homme, à être omnivore. Il mange de tout et, dans la nature, il n’y a pas tant que ça de sources de sucres pur. Alors comme avec son pelage, il ne craint pas les piqûres d’abeilles, il y va franchement.

Et tant qu’il y est, il boulotte aussi le naissain. Dans certains pays, c’est devenu un souci pour les apiculteurs. En Finlande, les ours affamés ont détruit 106 ruches l’an dernier et même les clôtures électriques installées autour n’ont rien pu y faire.

3-Ne pas regarder un loup ou un chien dans les yeux

A la limite, c’est normal de mal comprendre les réactions d’un éléphant mais même pour le chien, notre compagnon depuis 40 000 ans, on n’est pas vraiment très sûr de ce qu’il faut faire. On se méfie en soutenant qu’il ne faut jamais le regarder dans les yeux… Et vous, vous aimez quand un inconnu vous fixe du regard ? Pour le chien, ça fonctionne à peu près pareil, comme pour la plupart des mammifères : un regard fixe d’un inconnu vous met mal à l’aise.

Chez le loup, seul le dominant regarde les autres dans les yeux, qui détournent le regard. Alors lorsque vous rencontrez un chien visiblement agressif ou l’air sauvage, il peut être prudent d’éviter son regard. Inversement, si c’est un chien bien domestiqué, ça ne pose pas de problème.

Et si c’est le vôtre, c’est même tout le contraire. Un long regard entre maître et chien fait le même effet qu’entre une mère et son enfant : l’un et l’autre produisent de l’ocytocine, surnommée « l’hormone de l’attachement », qui a pour effet de rendre plus heureux.

4- Les chiens voient en noir et blanc

« T’as d’beaux yeux, tu sais médor ». Mais comment voit-il avec ces yeux de chien mouillé ? En noir et blanc ! clame la rumeur. Pas du tout : il est bichromate car il lui manque l’une des trois couleurs primaires : le rouge. Il voit donc tout avec un mélange de bleu et de jaune, ce qui fait palot. D’autant qu’il est myope comme une taupe. Passé 5 mètres, il voit tout flou.

5- Les taureaux foncent sur le rouge

Et le taureau dans tout ça ? Hé bien globalement, le rouge, il s’en balance. Il distingue certes toutes les couleurs… mais tout en pâle et délavé. C’est dû au faible nombre de cônes qu’il a dans les yeux. Des cônes qui servent à distinguer les couleurs.
Là où l’expression populaire ne se trompe pas, c’est quand elle parle d’un regard d’aigle. La concentration des photorécepteurs dans sa fovéa, le point central de sa rétine, lui permet de grossir 6 à 8 fois ce qu’il fixe de face. Tout le contraire d’un éléphant… Donc la souris a intérêt de courir vite.

Jean Luc Eluard