Canicule : est-ce que le ventilateur rafraîchit ?

Il fait chaud et tout ce que l’on trouve à faire, c’est allumer un ventilateur si on a l’esprit suffisamment écolo pour se passer de la climatisation. A priori, c’est une bonne idée mais si on y réfléchit…

Si on pinaille, on pourrait dire que le ventilateur réchauffe la pièce : son moteur finit par chauffer.  En plus, les molécules d’air étant agitées, elles se frottent et se heurtent avec plus de violence, ce qui produit aussi de la chaleur. Là, c’est vraiment pour chercher la petite bête scientifique. On constate en effet un réchauffement dans une pièce minuscule et hermétique et on vous souhaite de ne pas vivre dans ce genre d’habitation…

Le corps comme un réfrigérateur

En fait, pour « rafraîchir » (on devrait d’ailleurs plutôt dire « pour avoir une sensation de fraîcheur »), le ventilateur exploite et renforce le mécanisme naturel de refroidissement de notre corps qui se fait par la sudation.

C’est transpirer qui nous permet de maintenir notre température intérieure autour de 37°C (et donc 33°C en surface). Contrairement à ce que l’on pense, ce n’est pas l’eau que l’on évacue qui « extirpe » la chaleur du corps mais l’énergie nécessaire à évaporer cette eau de la surface de la peau. Pour pouvoir s’évaporer, les molécules d’eau ont besoin d’énergie et elles transforment la chaleur qu’elles puisent dans le corps en énergie calorifique qui vaporise le liquide. Ce qui explique que plus l’atmosphère est humide, plus cette transformation est longue. Et donc plus la chaleur nous met mal à l’aise.

Balayer l’air du corps

Et c’est là qu’intervient le ventilateur : l’air étant un très mauvais conducteur thermique, l’humidité et la chaleur extraites du corps stagnent à la surface de la peau. En balayant cet air moite, le vent accélère le mécanisme d’évaporation de la transpiration et permet donc de ressentir une plus grande fraîcheur. C’est pareil avec le vent « naturel » : on ressent 1°C de moins par tranche de 10 km/h de vent. Tout ceci est bien entendu une illusion sensorielle qu’il ne faut pas oublier de compenser en buvant régulièrement pour remplacer l’eau qui s’échappe plus vite de notre corps.

Pour accroître la fraîcheur, on peut aussi mettre un tissu mouillé sur la grille du ventilateur, ou un bloc de glace devant lui pour diffuser le froid. Autre solution, valable essentiellement la nuit, lorsque l’air extérieur se rafraîchit : placer le ventilateur devant la fenêtre pour qu’il fasse pénétrer l’air extérieur vers l’intérieur. Là, pour le coup, ce n’est plus une sensation de frais mais une réalité mesurable.

A part dans ces cas-là, le ventilateur, c’est vraiment du vent !

Jean Luc Eluard