Du mobilier urbain en porcelaine agrémente les rues de Limoges

Pour décorer la ville ou réparer du mobilier urbain endommagé, la Ville de Limoges innove en utilisant la porcelaine, matériau qui a fait sa réputation. Une vingtaine de pièces uniques en bleu de four jalonnent désormais le centre-ville et surprennent agréablement les passants.

Des touches de bleu qui tranchent avec la grisaille de l’espace urbain et se laissent découvrir au gré des balades. Ce jalonnement urbain original a été mis en place suite à l’appel à projet national lancé par la municipalité pour lequel seize dossiers ont été reçus. Au final, c’est celui de « pansement urbain » imaginé par le designer Florian Brillet associé à l’artiste plasticien Nicolas Lelièvre qui a été retenu. Le cahier des charges imposait de faire appel à un porcelainier local pour la fabrication des pièces. Les deux artistes ont confié leur commande à la manufacture limougeaude Pierre Arquié.

Dans leur projet, ils ont opté pour le principe du Kintsugi, discipline japonaise adaptée à l’espace urbain qui consiste à réparer des objets en céramique avec des joints à l’or fin.
Dans ce cas, l’or a été remplacé par le bleu de four pour remplacer des pièces d’architecture endommagées ou décorer une façade, une rue ou un jardin public.

                                         

Des indices pour redécouvrir la ville

Comme dans l’histoire du Petit Poucet, les pièces ont été disséminées dans la ville entre les deux pôles des Arts du Feu du centre-ville à savoir, le Musée national Adrien Dubouché au nord et le Musée des Beaux-Arts au sud. Aux passants de les retrouver au détour d’une rue. Ces touches de bleu ne passent pas inaperçues. Ici une balustre a été changée, là une vasque agrémente un jardin public, là encore un numéro de rue a été ajouté et un dallage repris.

« Certaines pièces sont très visibles, bien affirmées et tranchent franchement avec l’environnement dans lequel elles sont installées constate Nicolas Lelièvre, tandis que d’autres sont plus discrètes voire quasiment secrètes et presque dissimulées. L’idée n’est pas de créer de jolies sculptures mais d’inciter le regard à se renouveler sur la ville, même quand on a l’impression de la connaître ou d’y habiter depuis vingt ou trente ans pour la redécouvrir. »

Labellisée Ville créative de l’Unesco en 2017, Limoges s’est engagée dans des projets visant à développer, valoriser et promouvoir la céramique, indissociable de sa notoriété et de sa prospérité. « On est vraiment dans une réappropriation par la Ville de son histoire, de son matériau et de ce qui a fait sa grandeur » atteste Emile-Roger Lombertie, le maire de Limoges.

Ce jalonnement s’inscrit dans le programme « Agenda 2030 » des Nations Unies qui intègre culture et créativité dans les plans de développement locaux en répondant à son axe dédié à la céramique pour une ville durable, l’un des matériaux les plus respectueux de l’environnement.

Corinne Mérigaud