Rugby : 10 choses à savoir

1- Pourquoi le ballon de rugby va plus loin que le ballon de foot ?

Fais comme l’oiseau
Rien à voir avec une question de grosses cuisses. Si, à poids égal (dans les 400-450 grammes), le ballon de rugby va plus loin que celui de foot, ce n’est pas parce que les manchots sont des mollassons. C’est une question de forme : le ballon ovale est plus aérodynamique. Avec son bout effilé, il subit moins le freinage de l’air. En gros, il plane comme une aile et peut aller plus loin qu’un ballon rond d’environ 15%. D’ailleurs, si les oiseaux sont vaguement plus ovales que ronds, ce n’est pas un hasard : c’est que ça marche mieux dans l’air.

2- Comment éviter les problèmes des chocs

Évite les coups
Les coups, ça fait mal sur le moment… et beaucoup plus tard : l’université de Boston a autopsié d’anciens joueurs de football américain après leur mort et 96% avaient une maladie du cerveau, l’encéphalopathie traumatique chronique. Très jeune, le sportif sujet aux coups à la tête présente des problèmes mentaux, soit affectant le comportement et l’humeur, soit affectant la mémoire et les capacités de la pensée. Tout ceci étant dû à des traumatismes crâniens répétés, avec ou sans commotion cérébrale. Autrement dit, un seul moyen pour ne pas virer vieux gâteux : éviter les chocs et ne pas foncer tout droit.

3- Comment la FFR améliore les performances avec la science ?

La FFR, c’est Star Trek
Ce n’est plus une fédération, c’est un labo. Outre l’aide qu’elle apporte aux thèses universitaires sur le rugby, la fédération a désormais ses propres recherches et ses propres instruments. Un simulateur de mêlée développé avec Thalès, un logiciel maison qui permet de suivre les données des joueurs sur toute leur carrière… mais aussi le « neurotracker » d’une société canadienne pour évaluer et développer les capacités cognitives des joueurs, c’est à dire leur vision (sous entendu « du jeu »). En plus des recherches sur la récupération, les capacités physiques, les différents types d’entraînement…

4- Pourquoi le rugby est-il bon pour la santé ?

Bouge un peu
Parce que le sport, c’est ce qu’il te faut, d’une manière générale : pour le cœur, contre le cancer et un paquet d’autres maladies. Nos ancêtres préhistoriques passaient peu de temps dans leur canapé et nous avons hérité d’eux ce besoin de bouger. Mais le rugby, c’est aussi pas mal pour développer des qualités d’adresse, de rapidité, de placement, d’équilibre, de puissance. Et pour les gamins qui doivent libérer leur agressivité tout en la canalisant. Un esprit sain, un corps sain, tout baigne quoi. Suffit juste d’éviter les coups.

5- Comment améliorer sa récupération physique ?

Cool man !
Après l’effort… ben le réconfort. On n’y pense pas assez mais la base pour récupérer tout de suite après l’effort, c’est le relâchement des muscles. Et de tout le corps : une bonne nuit de sommeil, voire des exercices de relaxation. Ensuite, ou en même temps, compenser : boire de l’eau bien minéralisée pour remplacer celle qu’on a perdu (la bière, c’est sympa mais… non) et bien manger (surtout des sucres, de préférence naturels et des protéines, de préférence animales). Après, si vraiment vous êtes à fond, des chaussettes compressives qui améliorent la circulation sanguine des jambes et un bain froid. Mais là, pas n’importe comment !

6- Pourquoi le ballon de rugby est-il ovale ?

Tout pour la main
C’est dur à accepter mais pendant les premières années du rugby, le ballon n’était qu’un ballon de foot un peu pourri. Il faudra attendre une douzaine d’années pour qu’un cordonnier fan de ce sport, William Gilbert, décide de le rendre moins rond pour pénaliser ceux qui avaient encore tendance à jouer façon football : l’objectif est de rendre les rebonds aléatoires et de pouvoir mieux porter l’objet contre le corps. Cette norme sera avalisée par la fédé à la fin du XIXème siècle et tiendra jusqu’en 1930 où l’on allonge encore le ballon selon des normes qui tiennent encore, toujours pour favoriser le jeu à la main.

7- C’est quoi un ballon connecté ?

Le ballon prisonnier
Répéter dix fois, cent fois le même geste… pénible mais  indispensable pour progresser. Sauf qu’avec un ballon truffé de capteurs qui calculent sa vitesse, sa trajectoire, sa rotation… il y a moyen d’éviter des répétitions en allant directement à l’essentiel. C’est une entreprise limousine (Unistade, à Panazol) qui a créé ce ballon d’entraînement voici trois ans. En espérant qu’un jour, il pourrait aussi faire des matchs en couplant avec des capteurs autour du terrain. L’idée est bonne puisqu’une autre marque, internationale et à trois bandes, a fait la même chose pour le foot.

8- A quoi sert le GPS ?

C’est dans quel sens l’en-but ?
Ils ne vont quand même pas se perdre, non ? Pourtant, le GPS est la première des technologies avancées à avoir été introduite au rugby. Elle permet de mesurer les distances parcourues, les accélérations, les chocs reçus… et avec tout ça et un algorithme maison, de mesurer l’état d’un joueur. Et à l’entraînement, de mesurer la progression d’un joueur, de prévenir éventuellement l’apparition d’une fatigue excessive ou d’un risque de blessure. Depuis son autorisation en match en 2010, les joueurs portent donc le petit boîtier entre leurs omoplates.

9- Travail sur la puissance ou sur la vitesse ?

A la chaîne
Pour l’instant, pas de surhommes à l’horizon : si on travaille la force, on perd de la vitesse et vice-versa. C’est que les groupes de muscles à travailler ne sont pas les mêmes mais tous se rejoignent dans le « joueur idéal » actuel qui allie le mieux les deux dans l’explosivité. C’est à dire le meilleur produit « vitesse-force » mais pas le maximum de l’un ou de l’autre. Le haut niveau suppose en outre la capacité à reproduire ça sur la durée. Actuellement, on compte une centaine d’actions intenses de courte durée sur un match, soit une toute les 40 secondes. Même si ce n’est pas toujours le même joueur qui s’y colle, il faut avoir du coffre.

10- Pourquoi se brûle-t-on quand on glisse sur l’herbe ?

Un essai brûlant !
C’est bon de marquer un essai mais qu’est-ce que ça brûle ! Tout simplement parce que, globalement, les matières en contact ne sont pas faites pour glisser les unes sur les autres. Même du verre contre de la glace, il y a résistance. Alors peau contre herbe, c’est pire : l’énergie cinétique (proportionnelle au produit de la masse par le carré de la vitesse) a besoin de s’évacuer puisqu’elle diminue avec l’arrêt du joueur. Elle disparaît en se transformant en énergie calorifique, en chaleur. D’où la brûlure que l’on ressent (et l’herbe aussi mais elle ne le dit pas) en glissant.

 

Jean- Luc Eluard

 

Image par Paul Want de Pixabay