D’où vient le calendrier de l’Avent ?

Pas besoin d’aller chercher bien loin. C’est en rapport avec Noël ? Ca vient donc d’Allemagne, comme la tradition du sapin ou celle du marché de Noël.

En gros, si les jouets en plastique viennent de Chine, tout ce qui est tradition de Noël vient d’Allemagne, c’est imparable. Et ce n’est pas pour ça qu’« avent » s’écrit avec un « e » et non pas « avant ». Le mot vient du latin « adventus », qui signifie « arrivée ». Celle de Jésus, bien entendu.

La tradition de l’Avent précède de loin celle de son calendrier : elle a été instaurée au VIe siècle et se voulait une période de préparation spirituelle à l’« arrivée », plus prosaïquement marquée par le fait qu’il était de bon ton de nettoyer son logis, comme son âme, et de n’entamer un travail que s’il devait être achevé avant Noël. Et, contrairement à la simplification actuelle qui veut qu’on compte les vingt-quatre jours précédent Noël, la période de l’Avent débutait le quatrième dimanche avant : elle pouvait donc durer, selon le jour où tombait la fête, de vingt-deux à vingt-huit jours. Pas simple pour un calendrier.

Mais, peu à peu, d’autres habitudes sont venues se greffer qui préparèrent la venue du calendrier. Tout ça reste très flou, mais certaines familles déposaient un brin de paille chaque jour dans la crèche, d’autres alignaient 24 traits à la craie sur le mur, pour les effacer un à un afin d’éviter d’avoir à répondre 50 fois par jour à l’horripilante question : « Dis, maman, c’est bientôt Noël ? »

Bref, au début du XIXe siècle, voici qu’apparaissent les premières ébauches de calendrier : des familles donnent chaque jour de l’Avent une image pieuse à leur enfant, accompagnée d’une citation de l’Évangile ou d’une bonne action à accomplir.

Mais, c’est bien connu, les bonnes intentions pavent la route de l’enfer mercantile. Bientôt, les images se font de plus en plus somptueuses et on ne s’embête plus à les remettre à l’enfant : le calendrier permet de faire du self-service et, hop, les premiers naissent ainsi. C’est un fils de pasteur, Gerhard Lang, dont la mère avait pris l’habitude d’adjoindre un gâteau à chaque image, sans doute pour être plus persuasive, qui a eu l’idée d’éditer le premier calendrier, en 1908, à Munich.

En 1920 apparaissent les petites portes que l’on ouvre une à une, et, en 1958, les premiers calendriers à friandises. Comme pour Halloween ou la Saint-Valentin, les entreprises y virent rapidement la possibilité d’engranger quelques subsides en plus, et c’est ainsi que la tradition sortit d’Allemagne. A la place du recueillement purificateur, on a un acompte sur les chocolats de Noël.

Jean-Luc Eluard