Que se passe-t-il lors d’un coup de foudre ?

La Saint-Valentin célèbre l’amour et les amoureux. Mais que se passe-t-il exactement dans notre cerveau et notre corps à l’occasion d’un coup de foudre ? Les progrès de la neurobiologie permettent de lever une partie du voile

Mains moites, cœur battant la chamade, rose aux joues, pupilles élargies, papillons dans le ventre… Lorsque Cupidon décoche ses flèches, les premières manifestations physiques sont aisément perceptibles. Mais il en va tout autrement des modifications hormonales qui s’effectuent en nous… à l’insu de notre plein gré. Car ce n’est pas Cupidon qui nous donne envie d’entrer en relation avec l’autre, mais la fée dopamine, véritable hormone du désir.

L’amour, une affaire d’hormones

Que se passe-t-il dans notre cerveau lors d’un coup de foudre ? Tout commence par une réaction d’alerte. Car pour que la rencontre se réalise, il va falloir entrer dans l’intimité d’une personne inconnue et quitter sa zone de confort. « Notre organisme réagit en libérant de la noradrénaline, un messager chimique du stress », décrypte le neurobiologiste Bernard Sablonnière dans un article consacré à « La chimie de l’amour », diffusé par The Conversation France.

Cette hormone accroit notre vigilance, mais aussi l’excitation. C’est elle qui est responsable de l’accélération de notre rythme cardiaque et de la dilatation des pupilles.  « Les symptômes du coup de foudre sont renforcés par le déversement d’adrénaline qui survient également à ce moment. Notre corps reçoit une décharge d’énergie, comme s’il s’apprêtait à devoir fuir. » Le feu qui nous dévore les joues et les entrailles en est la résultante.

L’amour dopé par la dopamine

Et si nous ne tournons pas immédiatement les talons pour fuir cette situation stressante, c’est parce que la dopamine entre alors dans la danse. « Hormone du plaisir et de la motivation, libérée notamment lorsque nous nous livrons à une activité agréable, la dopamine permet de passer l’étape de stress initial : le désir est le plus fort, et la rencontre est réussie ». La libération de la dopamine par l’hypothalamus, petite région du cerveau impliquée dans le comportement sexuel et les émotions, inhibe en effet provisoirement notre raison.

Pour un temps, la passion l’emporte. Au point de rendre invisible tous les petits et gros défauts de l’élu… qui deviendront rédhibitoires (ou pas !) bien plus tard, lorsque la phase d’amour passionnel cèdera place à une relation durable.

Le coup de foudre résulte donc d’un processus plus chimique qu’électrique. Et l’élu de votre cœur est plutôt celui de votre cerveau. « La biologie n’est pas romantique, mais heureusement notre cerveau invente, colorie, habille et construit le sentiment d’amour ! », dans lequel intervient également notre vécu personnel, familial, sociétal, cultuel, culturel, etc. Au moins, nous voilà rassuré.e.s, tout ne se passe pas uniquement… en-dessous de la ceinture.

Alexandrine Civard-Racinais


A voir ou à revoir

Thierry Berrod, Du baiser au bébé. L’aventure intérieure, 52′, Mona-Lisa Productions.

A lire

Thierry Berrod, Vincent Ohl, Alexandrine Civard-Racinais, Du baiser au bébé. L’aventure intérieure, Jean di Sciullo Editions, 2010.

B. Sablonnière, La chimie des sentiments, Odile Jacob, poche, 2015.

A écouter

La conférence de Bernard Sablonnière sur « La Chimie des sentiments », donnée à Lille en novembre 2018 dans le cadre de la Semaine des émotions.

Image de couverture : Franck Winkler, Pixabay