Coronavirus : Comment la Nouvelle-Aquitaine se prépare à une pandémie

A l’heure où l’Italie est durement touchée par le coronavirus, Le CHU de Bordeaux, l’ARS Nouvelle-Aquitaine et le journal Sud Ouest ont organisé une conférence sur le Covid-19. L’occasion de faire le point sur le virus et sur les mesures mises en place en Nouvelle-Aquitaine.

Une salle comble en plein centre-ville de Bordeaux dans l’Amphithéâtre Duguit de l’Université de Bordeaux sur la place Pey Berland pour la conférence sur le Coronavirus…  A ne pas douter, le coronavirus est redevenu un sujet qui mobilise l’attention des Français.

Yann Bubien, directeur général du CHU de Bordeaux tient à rassurer d’emblée : « On a décidé d’ouvrir toute une aile du CHU en ambulatoire pour accueillir les patients le cas échéant. Nous sommes en lien avec le ministère de la santé et le nouveau ministre Olivier Véran. Au CHU de Bordeaux, nous sommes prêts et nous travaillons avec toute la Nouvelle-Aquitaine. Le ministre a demandé à ce que l’on se mette en lien avec tous les hôpitaux. C’est ce que nous sommes en train de faire. »

 

 « Les citoyens, acteurs de leur santé »

Le port du masque est conseillé pour les personnes qui reviennent d’une région où circule le virus

Michel Laforcade, directeur général de l’Agence régionale de Santé complète : « parmi les 77 hôpitaux prêts à accueillir les patients, il y a un total de 14 hôpitaux sur la Nouvelle-Aquitaine avec pour la plupart de ces hôpitaux des services d’infectiologie, ou bien d’urgence ou de Samu. » Les 14 hôpitaux sélectionnés sont les CHU de la région et les « hôpitaux généraux », juste en dessous des CHU. « La particularité de la Nouvelle-Aquitaine, c’est ce maillage territorial très bénéfique » appuie Michel Laforcade.

Pour le Professeur Malvy qui a été le professionnel à soigner le premier malade identifié en France : « nous sommes dans un scénario d’adaptation pour concevoir l’imprévu du vivant, avec la nécessité de s’adapter à la fréquence des cas. L’objectif est d’accueillir le mieux possible ces patients pour faire des dépistages et les soigner s’ils sont positifs. Ces scénarii sont préparés depuis de nombreuses années. »

Interrogé par Stéphane Vacchiani du journal Sud Ouest sur les comparaisons réalisées avec la grippe, le professeur explique : « A la différence de la grippe saisonnière nous n’avons pas de vaccin et de médicament spécifiques. Les citoyens sont aussi les acteurs de leur propre santé, c’est pour cela qu’il faut expliquer les scénarii pour que chacun apporte sa pierre à l’édifice. Avec l’arrivée du virus dans les provinces septentrionales de l’Italie, les voyageurs qui rentrent de ces contrées sont invitées à être vigilant et se déclarer. »

« surtout on se fait vacciner contre la grippe »

Sur la rumeur disant que le vaccin de la grippe est utile contre le coronavirus, le Professeur Malvy répond sans ambage : « Absolument. Le vaccin contre la grippe aide contre le coronavirus car ce dernier ressemble en tout point aux symptômes de la grippe. Et il faut adopter les moyens de prévention de la grippe : on se lave les mains ; si on tousse, on le fait dans son coude et surtout on porte un masque ; on évite de prendre le tram, etc. Dans une période de grippe et de coronavirus, l’attitude de bon sens à adopter contre la grippe est nécessaire. »
Et le médecin martèle : « surtout on se fait vacciner contre la grippe ».

Alexandre Marsat

 

Michel Laforcade, le directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, le Professeur Denis Malvy, responsable de l’unité maladies tropicales et du voyageur du CHU de Bordeaux et Yann Bubien, le directeur général du CHU de Bordeaux, Christophe Galichon et Stéphane Vacchiani du journal Sud Ouest