Le virus de la tomate pourrait attaquer nos jardins

Découvert dans les serres d’un agriculteur le 17 février, le virus de la tomate vient d’arriver en France. Ce virus très virulent qui peut ravager 100% des pieds d’une exploitation se propagera aussi sur les pieds de tomate des particuliers. Bio, raisonné ou non. Le point

 

A la veille du salon de l’Agriculture, l’arrivée du virus de la tomate a fait grand bruit. Il inquiète très fortement les professionnels car la tomate n’est pas n’importe quel fruit. Il est le plus consommé par les Français avec 14 kilos par an et par famille. Les jardiniers du dimanche pouvaient se rassurer en se disant que leur petite dizaine de pieds échapperait à la diffusion du virus, loin des serres aux centaines de pieds… Un mois avant la plantation des premiers plans, on vient d’apprendre que le virus de la tomate pourrait arriver dans tous les jardins.

Venu d’Israël, le virus nommé ToBRFV est apparu le 17 février 2020 sur des pieds de tomates dans une serre du Finistère. L’ANSES alertait déjà le 3 février : « Le virus peut infecter jusqu’à 100% des plantes sur un site de production, ce qui le rend redoutable pour les cultures à haute densité de plantation comme les cultures sous serre. Néanmoins, toutes les cultures de tomates peuvent être impactées : agriculture conventionnelle, biologique, en protection biologique intégrée, sous serre et plein champ ».

Une contamination de jardin en jardin

Roger Genet, directeur général de l’ANSES a précisé pendant le salon de l’agriculture : « La difficulté, c’est qu’aujourd’hui à peu près 50% des plants en France sont commercialisés vers le grand public, vers les jardins potagers et là, comme c’est un virus très résistant dans l’environnement, il peut passer d’un plant à l’autre par le fruit, par les feuilles, par les outils et donc contaminer de jardin en jardin ».

Sans danger pour l’homme, le virus est très puissant et ravage rapidement les cultures. La France avait été épargnée par le ToBRFV à l’inverse de l’Espagne, l’Italie, la Grèce et la Turquie déjà contaminée en 2019 ou de l’Allemagne où il est apparu dès 2018 avant d’être isolé et éradiqué. De la famille des Tobamovirus, il touche aussi les poivrons et piments.

Les jardiniers habitués à surveiller l’arrivée du mildiou pourront observer des nécroses sur la fleur et autour d’elle puis des taches jaunes ou foncées sur la tomate. Pour les professionnels, le fruit est alors invendable. Le virus peut ensuite se transmettre aussi via les insectes, les oiseaux, l’eau,…
Aucun traitement existant, les plants doivent alors être arrachés et brûlés. L’unique moyen de s’assurer une belle et gouteuse production l’an prochain.

Alexandre Marsat