Le four à micro-ondes est-il dangereux pour la santé ?

Le micro-ondes est-il vraiment inoffensif pour la santé ? Le point avec Juliette Pouyat-Leclère, docteure en chimie, journaliste à LaNutrition.fr et auteure de « Le bon choix pour cuisiner »

Près de 90 % des Français possèdent un four à micro-ondes (Source : Insee, 2018). Il est pratique : il génère des ondes à hyperfréquence (environ 2450 MHZ, soit entre l’infrarouge et la radiodiffusion). Celles-ci font vibrer les molécules d’eau des aliments et réchauffent ainsi très rapidement des denrées alimentaires même congelées. Mais est-ce anodin ?

Gare aux brûlures !

La propagation des ondes électromagnétiques diffère selon la structure moléculaire de l’aliment. Par conséquent, si le contenu de votre assiette est hétérogène, la cuisson ou le réchauffage le sera aussi. On obtient souvent des parties froides et d’autres…très chaudes, prudence !

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) déconseille d’ailleurs fortement d’y réchauffer les biberons : « L’hétérogénéité des températures obtenues au sein du liquide est susceptible de provoquer des brûlures à l’enfant », lit-on sur son site.

Autre inconvénient : les zones de « surchauffe » dégradent les nutriments sensibles à la chaleur comme les vitamines C et B9 (folates).

Néanmoins, le micro-ondes présente l’avantage de cuire rapidement les aliments et donc de les exposer moins longtemps à la chaleur, nuisible pour les vitamines. De plus, comme il faut ajouter très peu d’eau pour la cuisson, il n’y a pas de fuite des vitamines et minéraux vers le liquide de cuisson.

Par ailleurs, contrairement aux cuissons au four, au barbecue, à la poêle et à la friture, le four à micro-ondes limite la formation de produits de Maillard. « Intéressants sur le plan aromatique, ces substances sont suspectées de favoriser un certain nombre de maladies (cancers, diabète…) », indique Juliette Pouyat-Leclère.

Jamais d’aluminium ni certains plastiques !

Pas de métal, pas d’inox ni d’aluminium dans le four à micro-ondes ! Ces matériaux créent des arcs électriques et endommagent sérieusement l’appareil. Les plats en terre cuite sont également à éviter : ils absorbent les ondes, le réchauffage prend plus de temps.

Plébiscitées, les boîtes en plastique ne vont pas pour autant toutes au four à micro-ondes ! Certaines se déforment ou fondent sous l’effet de la chaleur. L’Anses recommande de toujours vérifier avant utilisation que le récipient possède sur son fond le pictogramme « va au four micro-ondes » et qu’il est en bon état (ni abîmé, ni usé). Seuls les emballages alimentaires portant le code 2, 4 ou 5 peuvent subir une cuisson.

L’Anses conseille aussi de « ne pas recycler les emballages à usage unique en récipients micro-ondables » (ex : les barquettes alimentaires).

A proscrire également : la mélamine, utilisée pour la fabrication de gobelets, tasses et assiettes notamment pour les enfants. Évitez aussi les films alimentaires surtout au contact des aliments.

Privilégiez le verre et les plats en pyrex qui sont inertes !

Attention à la migration du plastique

On sait qu’à trop forte puissance, le réchauffage au micro-ondes augmente le risque de migration des substances des emballages plastiques (phtalates, bisphénol A, POSH*…) vers les aliments. C’est pourquoi, l’ANSES conseille de « privilégier un temps de réchauffage long mais à faible puissance ». Exemple : préférez 2 minutes à 650 Watts à 50 secondes à 1270 W, notamment en l’absence de consignes précises sur l’emballage d’un plat préparé. Par ailleurs, les aliments gras accélèrent cette contamination.

En bref, ce mode de réchauffage et de cuisson reste inoffensif s’il est utilisé correctement.

Florence Heimburger

* POSH = olibomères de polyoléfines constitués de chaînes hydrocarbonées saturées
Juliette Pouyat-Leclère, docteure en chimie, journaliste à LaNutrition.fr et auteure de « Le bon choix pour cuisiner » aux éditions Thierry Souccar.

Juliette Pouyat-Leclère, docteure en chimie, journaliste à LaNutrition.fr et auteure de « Le bon choix pour cuisiner » aux éditions Thierry Souccar.