Coronavirus : quelle est sa durée de survie (réelle) dans l’air et sur les matériaux ?

Combien de temps le Covid-19 survit-il sur le carton du livreur, le plastique du sac de course, le métal des poignées de porte et pièces de monnaie… ?
Nous avons posé la question à Hervé Fleury, virologue co-fondateur du laboratoire de virologie du CHU de Bordeaux

« Une étude sérieuse publiée le 17 mars dans The New England Journal of Medicine fait le point sur la durée de vie du virus. Elle compare la durée de vie du nouveau coronavirus SARS-CoV-2 (Covid-19) au fameux SRAS (SARS-Cov-1). Ce dernier est le coronavirus humain le plus apparenté au covid-19, apparu en 2002. Et cela dans cinq conditions environnementales : les aérosols, le plastique, l’acier inoxydable, le cuivre et le carton.

En vie jusqu’à 72 h sur le plastique et 48 h sur l’acier

Cette étude menée par des scientifiques américains confirme mes craintes : elle montre notamment que le nouveau coronavirus reste viable au moins 3 heures (la durée de l’expérience) dans les aérosols (comme les gouttelettes de salive). Qu’il peut rester viable jusqu’à 72 heures sur du plastique et 48 heures sur l’acier inoxydable. Sur le cuivre, aucun SARS-CoV-2 viable n’a été mesuré après 4 heures (contre 8 heures pour le SARS-CoV-1). Et sur le carton, aucun SARS-CoV-2 n’a été mesuré au-delà de 24h.

Par conséquent, la transmission par les aérosols (micro-gouttelettes de salive, sécrétions nasale, etc.) et les objets contaminés est donc plausible car le virus y reste viable et infectieux jusqu’à plusieurs jours.

Concrètement, comment se protéger ?

L’étude montre aussi que la viabilité du nouveau coronavirus et celle de son cousin éloigné sont assez similaires quelles que soient les surfaces. Pourtant, le virus actuel provoque une pandémie, contrairement au SARS-CoV-1. Les différences dans les caractéristiques épidémiologiques de ces deux virus résultent probablement d’autres facteurs comme le fait, dans le cas du SARS-CoV-2, de pouvoir transmettre le virus tout en étant asymptomatique.

Aujourd'hui professeur émérite, le Pr Hervé Fleury, virologue, a co-fondé le laboratoire du CHU de Bordeaux en 1971.

Aujourd’hui professeur émérite, le Pr Hervé Fleury, virologue, a co-fondé le laboratoire du CHU de Bordeaux en 1971.

Je pense aussi que le virus pourrait se transmettre simplement par la respiration des personnes malades et pas uniquement lorsque celles-ci toussent. En atmosphère confinée, cela serait inquiétant. Il pourrait également se transmettre par la conjonctive, la membrane recouvrant toute la surface de l’œil. D’où l’importance pour la population en général et le personnel soignant en particulier de porter des masques et des lunettes de protection et de bien se laver les mains régulièrement.

Les malades peuvent rester contagieux jusqu’à 21 jours après le début des symptômes. Voilà pourquoi il faut rester confinés chez soi longtemps et nous devrions porter des masques en permanence durant plusieurs semaines comme le font les Chinois, les Japonais, les Coréens, etc. Des masques qui font défaut ».

 

Propos recueillis par
Florence Heimburger

Image par Mabel Amber de Pixabay

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