Des fers connectés pour corriger les boiteries des chevaux

Durant sa carrière, chaque cavalier a été au moins une fois confronté à un problème de boiterie de sa monture. Pour apporter une solution performante, la société Ferlim située à Limoges a mis au point un fer équipé de capteurs intégrés.

La société Ferlim à Limoges vient de lancer une innovation mondiale qui devrait révolutionner le monde de l’équitation. Elle a inventé un fer connecté qui détecte en temps réel les problèmes locomoteurs du cheval dans le but de mettre en place une correction au niveau de la ferrure.

Doté de quatre capteurs de pression, le fer mesure les déformations créées sur les antérieurs et les postérieurs lorsque le cheval est en mouvement. « Chaque capteur enregistre 1000 images par secondes soit 4000 sur un seul pied indique Antony de Marcos président de Ferlim. En comparaison c’est seulement 24 images par seconde pour un film au cinéma et l’œil humain en capte 60 par seconde.»

Certaines boiteries ne sont pas détectables à l’œil nu par le vétérinaire, et si le problème persiste sans correction, la boiterie va s’accentuer et elle empêchera un cheval de courses de participer à certaines épreuves, compromettant sa carrière de champion. « Il est ainsi possible de voir très finement la manière dont le cheval pose son pied à l’intérieur ou à l’extérieur et les forces exercées à tel endroit du pied afin de corriger ses défauts » ajoute Antony de Marcos.

Le maréchal-ferrant ou le vétérinaire équin est habilité à prescrire cet équipement. Il fixera ensuite le fer doté de capteurs sur un fer classique. Les données sont enregistrées sur une prise USB étanche posée sur le fer et transférées sur un ordinateur pour analyse. Une application est en cours de développement afin de visualiser les données en direct lors d’un déplacement.

Un objectif de 200 fers par an

Le produit a été testé par les partenaires de Ferlim à savoir, l’Institut Français du Cheval et de l’Équitation basé à Pompadour (Corrèze), le Haras Cardinal (Haute-Vienne) et la clinique vétérinaire Al Shaqab de Doha (Qatar). Ils ont validé l’efficacité de ces fers connectés donnant lieu à la prescription d’un fer orthopédique pour corriger les défauts de déplacement.

Cette invention a été présentée au Trophée de l’Innovation en décembre et les premières commandes ont été signées en février. La fabrication est entièrement assurée par deux entreprises haut-viennoises Plastilim et IK Logic.

« Nous comptons équiper 10 à 15 % des chevaux qui vont consulter les vétérinaires pour une boiterie estime-t-il, l’objectif est de 200 fers vendus par an au niveau international soit un chiffre d’affaires entre 200 000 et 250 000 euros. » Une mise en selle pleine d’ambition.

 

Corinne Mérigaud
Image par rihaij de Pixabay