A Libourne, on s’équipe de visière pour la rentrée scolaire

Au moment où la rentrée des classes suscite beaucoup de craintes, la communauté d’agglomération de Libourne a décidé d’équiper tous les élèves de maternelle et de primaire d’un matériel adapté avec visière et séparateur. Une manière de rassurer autant que de prévenir.

« Depuis que nous avons annoncé que l’on prévoyait des visières pour les écoliers, on reçoit plusieurs dizaine d’appels de communes ou d’établissements publics qui veulent des détails », témoigne Mélanie Lamouroux, directrice de Cabinet de la communauté d’agglomération de Libourne (la CALI). Ce qui en dit long, tout autant sur l’originalité de l’initiative libournaise que sur le désarroi des communes.

Dès l’annonce de l’ouverture des écoles pour le 11 mai, la CALI a pris l’initiative de commander 15 000 visières de protection pour ses élèves de primaire (écoles publiques et privées) : 5 000 pour les 3/7 ans et 10 000 pour les 8/12 ans. C’est auprès de Arneplant, entreprise espagnole que la commande a été passée : « Bien sûr, il y a des fabricants français mais ils sont submergés, il n’arrivent plus à faire face. C’était une course contre la montre », souligne Mélanie Lamouroux. Et la directrice de cabinet précise que que l’entreprise espagnole est située à Logroño, ville jumelée avec Libourne, et dirigée par un français… l’honneur est sauf.

Consortium de fabricants en Nouvelle-Aquitaine

De son côté, la région Nouvelle-Aquitaine a créé un consortium de fabricants de visières (ainsi que de sur-blouses et de masques) autour des 19 Fablabs de la région dont celui de Cap Sciences qui en fabrique 1000 par jour. Il regroupe aussi un collectif de couturières et trois labos de recherche.

Alors que le Ministère de l’intérieur interdit ou déconseille fortement le port du masque par les élèves, rien n’a été précisé pour les visières. A la communauté d’agglomération de Libourne, on explique : « Nous avons demandé à la direction académique qui n’a pas donné de contre-indication. » Du côté des autorités sanitaires, on ne s’avance pas à recommander le dispositif mais on indique que c’est plutôt une bonne idée. A cette nuance près « que l’on va éditer une notice pour demander de les enlever pendant les récréations où ça peut être dangereux. »

Séparateurs en carton

Le système est complété par des séparateurs en carton adaptés à la taille standard des bureaux de l’éducation nationale et fabriqués cette fois-ci juste à côté : à Saint-Seurin-sur-l’Isle, à l’usine Smurfit Kappa. « Ils ont déposé un brevet pour ces séparateurs et nous sommes les premiers clients. » Certes, le carton ne paraît pas être la matière la plus adaptée mais « il a un film plastique qui permet de les laver et de la réutiliser. ». Ceux-ci pourraient notamment permettre de diminuer la séparation minimale de 1,5 mètre exigée pour les cantines scolaires. A 50 000 euros, le coût de l’opération est supportable pour la communauté d’agglomération de Libourne (90 000 habitants).

Jean Luc Eluard

Image par Aline Ponce de Pixabay