A Bordeaux et Pessac, trois drives ouverts à tous pour dépister le Covid-19

Le CHU de Bordeaux a ouvert le 6 mai trois centres de dépistage massif du Covid-19 à l’attention de patients adressés par leur médecin. Comment fonctionnent-ils ? A qui s’adressent-ils ? Mode d’emploi.

 

Avec le déconfinement, le virus va à nouveau circuler, alertent les virologues. Pour mieux le repérer et le maîtriser, des drives de dépistage massif ouvrent dans plusieurs villes de France. A Bordeaux, le CHU vient d’en ouvrir un sur chacun de ses trois sites : pour automobilistes et piétons à l’Hôpital Pellegrin, uniquement piétons à l’Hôpital Saint-André, en plein cœur de Bordeaux, et uniquement conducteurs à l’Hôpital Haut-Lévêque à Pessac.

En tout, ces trois sites pourront réaliser 400 tests quotidiens.

« L’objectif est de détecter le plus tôt possible tous les malades présentant des symptômes évocateurs du Covid-19, et pas uniquement les soignants ou ceux à risques (personnes âgées et/ou avec comorbidités), comme jusqu’à présent. Le but est de pouvoir ensuite les isoler 14 jours, suivre leur évolution, les soigner et tracer leurs contacts (famille, amis, collègues…) pour limiter la propagation de l’épidémie », souligne le Dr Duc Nguyen, infectiologue au Service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Bordeaux.

Le test en moins de 10 minutes, des résultats dans les 24h

« Pour l’analyse des prélèvements, le CHU s’est doté d’une « plateforme haut débit » équipée d’automates capables d’extraire 2000 tests par jour et de fournir des résultats en 24h. Cette plateforme se trouvera au laboratoire d’analyses médicales de l’Hôpital Saint-André et devrait être fonctionnelle dès le 11 mai, indique le Dr Mojgan Hessamfar, médecin spécialiste de santé publique dans cet établissement. Elle fonctionnera 24h/24, 7 jours sur 7. Le CHU de Poitiers (Vienne) s’est également équipé d’une telle plateforme. »

Une infirmière de l’Hôpital Pellegrin procède au test d’un automobiliste potentiellement infecté, en réalisant un prélèvement naso-pharyngé à l’aide d’un écouvillon.

Une infirmière de l’Hôpital Pellegrin procède au test d’un automobiliste potentiellement infecté, en réalisant un prélèvement naso-pharyngé à l’aide d’un écouvillon. PHOTOS Florence Heimburger

Comment le test se déroule-t-il ? Adressé par son médecin traitant (via une ordonnance), la personne présentant des symptômes évocateurs du Covid-19 doit d’abord appeler un numéro dédié* du CHU pour prendre rendez-vous au drive de son choix. Il s’y rend ensuite à pied ou en voiture. Une aide-soignante s’assure qu’il a bien pris rendez-vous, et, munie d’un thermomètre frontal, lui prend la température.

Puis c’est l’étape suivante, toujours au volant de leur voiture pour les patients automobilistes : le prélèvement (moyennement agréable) naso-pharyngé par une infirmière protégée de la tête aux pieds (masque FFP2, lunettes, sur-blouse, gants…) à l’aide d’un écouvillon enfoncé par une narine pour gratter le fond de la gorge. Le tout en moins de dix minutes. Le patient reçoit les résultats dans les 24h par texto. La prise en charge se fait à 100 % sur présentation d’une ordonnance médicale, de la carte vitale et de la mutuelle.

Accueil des patients au drive piétons de Pellegrin.

Accueil des patients au drive piétons de Pellegrin.

Négatif ne veut pas dire non infecté

Seul bémol, ce test dit « PCR » n’est pas très « sensible » : entre 20 et 30 % des personnes sont des « faux négatifs », c’est-à-dire qu’elles ont le Covid-19 mais passent entre les mailles du filet. En revanche, le test est très « spécifique » : si le résultat est positif, la personne est forcément infectée.

Environ cinquante médecins, infirmiers et autres personnels font fonctionner les drives du CHU de Bordeaux de 8h30 à 18h30 tous les jours y compris le week-end (sauf à Saint-André). Cela va-t-il suffire pour que la région Nouvelle-Aquitaine, peu touchée jusqu’à présent, évite une seconde vague ? Réponse en juin.

*N° d’appel drive dépistage : 05 57 82 00 05, 7 jours/7 de 8h30 à 18h30.

Florence Heimburger