D’où vient la rosée ?

«Le sylphe matinal qui verse la rosée / Trop amoureux du lys, oublia ce matin / De baigner l’humble fleur demi-morte et brisée / Qu’une larme du ciel ranimerait soudain. »

Comme l’exprime le poète Henry Murger, la rosée a quelque chose de magique. Une trace de la nuit qui nous échappe. Mais derrière le lyrisme de la rosée se cachent des principes physiques précis.

Le phénomène a surtout lieu au printemps, saison à laquelle les conditions sont plus facilement réunies. Tout d’abord, l’air doit être humide, ce qui est souvent le cas à cette période. Puis, les températures de la journée précédente doivent avoir été élevées, de manière à réchauffer le sol.

Celui-ci stocke la chaleur puis la rediffuse. L’air froid de la soirée ou de la nuit voit alors arriver une masse chaude : le choc thermique provoque de la condensation.

Les gouttelettes se forment au moment du « point de rosée » : l’air qui a atteint un taux d’humidité trop élevé doit se séparer de cette eau et la fait tomber en vapeur. Comme lorsque, au moment du pique-nique, on sort de la glacière une bouteille d’eau : elle est recouverte de « rosée ».

Dans la nature, la rosée vient se déposer sur les végétaux au sol s’il n’y pas eu de vent dans la nuit. Au petit matin, quand les rayons du soleil apparaissent, on découvre alors ces gouttelettes formées déjà depuis un petit moment. Une rosée attendue par toute la nature…
Elle est appréciée par les insectes qui viennent la boire au petit matin. Elle permet aussi aux plantes de s’abreuver en période chaude, grâce à une bonne surface foliaire, et de résister à une légère sécheresse. C’est ainsi que vos plants du potager qui semblaient souffrir la veille au soir se refont une petite santé le matin venu. Une astuce utilisée par les hommes dans certains pays arides : des récupérateurs de rosée (condenseurs) captent ainsi de l’eau potable. De quoi se rafraîchir ou disposer d’eau sans rivière au point de captage ou à proximité.

Image par Denis Doukhan de Pixabay