Fleurs : comment concilier Fête des mères et respect de l’environnement ?

Comment concilier Fête des mères et respect de l’environnement ? En achetant local et de saison. Et en vous fiant aux labels qui commencent à fleurir.

Roses de Colombie, glaïeuls du Kenya, orchidées de Thaïlande… Plus de 80 % des fleurs coupées proposées à la vente en France arrivent de l’autre bout de la planète, après avoir transité par la Hollande. Leur transport, par avions et camions, génère donc des émissions de gaz à effet de serre (GES), grands contributeurs du réchauffement du climatique.

En 2019, la France a importé plus de 466 millions de roses en tiges. En volume, 84 % des importations françaises proviennent des Pays-Bas. Source : FranceAgriMer (Commerce exterieur des produits de l’horticulture – Bilan 2019 édition mai 2020)

Les fleurs cultivées sur notre sol (et parfois hors sol) ne sont pas exemptes de critiques. Nombre d’entre elles poussent dans des serres chauffées, très gourmandes en énergie pour le chauffage et la lumière. Et le suave parfum des roses (qu’elles soient cultivées en France ou à l’étranger) ne saurait faire oublier l’utilisation de pesticides dangereux pour la santé humaine, animale et celles des écosystèmes ou d’engrais azotés, émetteurs de GES. « La culture conventionnelle des fleurs est l’étape qui génère le plus grand impact environnemental » souligne Emily Spiesser, experte consommation responsable auprès de l’ADEME, qui note l’émergence « d’une demande nouvelle pour des fleurs cultivées de manière plus responsable ».

Faites confiance aux labels

Pour aider le consommateur à distinguer le bon grain de l’ivraie, l’Ademe recommande désormais quatre labels environnementaux passés au crible par ses experts : MPS-ABC, Plantes bleues, Max Havelaar et Kenya Flower Council. « Ces quatre labels couvrent les étapes les plus importantes de la production des plantes : fertilisation des cultures, pesticides, consommation d’énergie, irrigation », commente Emily Spiesser. Tous cherchent en outre à limiter l’utilisation des engrais et des pesticides « ce qui constitue un enjeu environnemental majeur ! ». Seul hic, les produits labellisés sont parfois difficiles à trouver. « Il ne faut pas hésiter à les demander ou à en parler à son pépiniériste ou à son fleuriste afin de stimuler l’offre ».

Fleurs locales et de saison

Timidement, l’offre des producteurs français commence aussi à intégrer cette préoccupation. Le label Plantes bleues a d’ailleurs été crée par Val’hor (l’Interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage). Avec ou sans label, il est recommandé « d’acheter local et de saison ».

Le site du Collectif de la fleur française recense les horticulteurs ou les fleuristes soucieux de proposer des fleurs françaises (à minima à 50%) cultivées le plus naturellement possible et de saison. Car les fleurs, comme les légumes, ont une saisonnalité qu’il convient de respecter. En hiver, le bon sens bannira fraises… et roses de nos tables. Le printemps sera en revanche propice à un véritable étalage de couleurs et de senteurs. Le respect de la saisonnalité étant aussi gage… de variété tout au long de l’année. Autant en profiter !

Alexandrine Civard-Racinais

Voir aussi le  Calendrier des fleurs de saison.
Image par Free-Photos de Pixabay