Une ferme aquaponique produit des légumes au cœur de la métropole de Bordeaux

Des truites, des salades, des tomates et des aromates les pieds dans l’eau… la plus grande serre aquaponique urbaine de France se situe en pleine métropole bordelaise, à Lormont à quelques centaines de mètres de Bordeaux. Reportage à Pauline Air Farm.

A l’heure de la récolte matinale, le TGV Paris-Bordeaux vient de passer suivi, de l’autre côté, par le tramway. Le silence revient sur cette parcelle de la rue Banlin à Lormont, coincée entre les deux voies ferrées, à l’entrée de Bordeaux. C’est ici que les fondateurs de Pauline Air Farm ont décidé d’ériger une serre. Et pas n’importe quelle serre : une serre aquaponique d’une superficie de 1050 mètres carré dont 750 consacrés au maraichage.

La ferme aquaponique dont 750 mètres carrés sont consacrés au maraîchage a vocation de test. L’objectif pour les fondateurs de Pauline Air Farm est d’implanter d’autres fermes sur d’autres territoires toujours à proximité des consommateurs. PHOTOS Alexandre MARSAT

L’initiative vient de la volonté de deux cousins de changer de vie en lui donnant plus de sens. A l’heure où l’alimentation et les circuits courts deviennent une préoccupation majeure, Sandra et Thomas ont décidé de plaquer leur job. L’idée a germé dans la tête de Thomas, directeur général d’entreprises, en regardant un reportage sur l’aquaponie au Japon. Il s’est alors rapproché de sa cousine travaillant dans le monde de l’agroalimentaire.

Les pieds dans l’eau, la production de salades permet d’économiser 90% de l’eau consommée en maraîchage traditionnel

Après une formation et un terrain trouvé avec l’aide de Bordeaux-Métropole, ils ont monté leur serre rue Banlin au printemps 2019. Une serre non chauffée avec double-paroi qui permet d’être bioclimatique. Et donc aquaponique : l’alliance des poissons et de l’eau pour faire pousser des plantes. Les déjections des truites situées dans des bassins à l’écart des plantes permettent d’apporter les nutriments nécessaires (nitrates) au développement des légumes après un cycle de filtration. L’eau passant des bassins des truites aux bassins de maraîchage et vice et versa.

Les graines germent dans un substrat de fibres de coco et de perlite avant d’être placées avec leur pot dans l’eau

Une osmose qui implique un respect environnemental total : si les truites avaient des antibiotiques, ils se retrouveraient dans les plantes et si les plantes recevaient des pesticides, ils passeraient aux truites.

Les déjections des truites permettront l’apport en nitrate (après filtration) nécessaire aux plantes

Avec une première récolte à l’été 2019, Pauline Air Farm a déjà trouvé sa clientèle locale via la vente directe, les circuits courts type La Ruche qui dit oui et des magasins Carrefour.
Le site e-commerce développé au début du confinement pour répondre à une demande de produits frais et locaux en cette période particulière a démontré l’appétence des habitants pour ce maraîchage.

Pauline Air Farm propose des paniers à la vente directe aux particuliers ou via La Ruche qui dit oui. Les truites de la ferme sont aussi vendues une fois fumées.

 

Tout le système racinaire de la plante, positionnée sur un « radeau » en flottaison sur le bac, se développe entièrement dans l’eau

Texte et photos : Alexandre Marsat