Orage, grêle et brouillarta,… quand le ciel s’emballe dans notre région

En partenariat avec « Sud-Ouest », Curieux  vous donne rendez-vous chaque semaine avec une « Petite leçon de sciences ». Aujourd’hui, les phénomènes météorologiques intenses

1- Le brouillarta basque

C’est une spécialité basque qui ne se mange pas et ne se surfe pas mais qui inquiète les touristes et laisse placides les autochtones. Le brouillarta est ce phénomène météorologique qui vide la plage à l’heure du gouter quand on voit arriver vers nous de l’Océan un énorme nuage gonflant et s’assombrissant à vue d’œil, se formant comme un énorme rouleau apocalyptique. Tous replient les serviettes et quittent la plage pour le grand bonheur des habitants car le brouillarta est souvent bref. Il faut dire que la température chute d’au moins 10 degrés et que les rafales de vent peuvent être puissantes.

Lui aussi est un phénomène météorologique plutôt estival car il faut que la température dépasse plusieurs jours durant les 30°C et que la température de l’eau ait 10°C de moins que l’air environnant, le tout ponctué d’une humidité élevée favorisée par les Pyrénées. Du nom commun de « galerne », il s’en produit sur toute la façade atlantique mais la côte basque, située entre montagne et golfe de Gascogne, est très favorable à la naissance de brouillarta.

2- Satanée grêle

De la glace qui nous tombe dessus en pleine chaleur alors que le congélateur n’arrive pas à suivre la demande en glaçons pour l’apéro. Il y a de quoi perdre son latin. Comme pour la foudre plus bas, il faut retenir que la première partie de notre atmosphère (la troposphère) enregistre des températures négatives dès 2.500 mètres.

Et à 10.000 mètres, la hauteur où volent les avions, il fait -50°C. Tout se déroule dans les cumulonimbus, ces énormes nuages en forme d’enclume qui atteignent plusieurs milliers de kilomètres. Là-dedans, c’est la grande lessiveuse entre des masses d’air chaud et froid qui génèrent d’incroyables courants ascendants.

Si ces courants sont trop forts, ils font remonter l’humidité en gouttelettes qui, au vu de la température, se transforment en glace. Elles fusionnent avec d’autres gouttelettes gelées. Ces grêlons redescendent vers le sol le plus souvent en ayant fondus mais si l’intensité du cumulonimbus est très élevée, les gouttelettes s’assemblent trop entre elles et grossissent considérablement. Alors les grêlons arrivent jusqu’au plancher des vaches.

3- La foudre de Zeus

Mais qu’a-t-on fait aux dieux pour mériter de tels orages à la fin de l’été ? Même si le ciel semble vous tomber sur la tête, il n’y a aucune punition divine derrière cela mais juste un phénomène physique. Cela survient surtout l’été car le soleil a réchauffé le sol et la masse d’air qui nous entoure. Mais bien au-dessus de nous, la masse d’air est donc plus froide.

L’air chaud montant, il va se produire une friction entre les charges électriques de ces deux masses d’air dans les cumulonimbus. Un champ électrostatique puissant est généré. Une décharge de plusieurs millions de volts s’évacue : c’est l’éclair que l’on aperçoit.

4- Vrai du faux : la voiture, cette cage protectrice

Les randonneurs qui s’aventurent la journée en montagne savent qu’il faut éviter de se rassembler sous un arbre pendant un orage. Ah si seulement, ils pouvaient être à proximité de leur voiture, ils seraient à l’abri de l’eau et surtout de la redoutée foudre grâce aux pneus non conducteurs car ils sont en caoutchouc.

L’explication est séduisante mais si la voiture protège c’est que sa carrosserie constitue une cage de Faraday. Étant métallique, si une décharge électrique vient la frapper de l’extérieur, celle-ci la parcourt à sa surface sans traverser la carrosserie par l’intérieur du véhicule. Si vous ne touchez pas les parties métalliques et restez bien assis dans votre fauteuil, vous ne courrez aucun risque.

Alexandre Marsat

Image par duallogic