Chiens : comment les phéromones rythment leur vie ?

Les phéromones influencent les comportements, les interactions et même les émotions des chiens tout au long de leur vie. Elles permettent notamment à nos toutous de communiquer entre eux. Décryptage

Pour comprendre son chien, il faudrait pouvoir se mettre dans sa truffe ! Car l’olfaction occupe une grande place dans la vie de Médor. Il faut dire que la nature l’a bien doté… Selon les races et les individus, la cavité nasale et les sinus d’un chien contiennent en effet entre 10.000 et un million de fois plus de récepteurs olfactifs que nous n’en possédons. Son organe voméro nasal (OVN) lui permet ainsi de capter des substances chimiques appelées phéromones, sécrétées par ses pairs ou… par des humains, mais inodores pour ces derniers.

Une communication à distance

« Un chien adulte est capable de sentir des phéromones émises à plusieurs kilomètres », relève Marie-Laure Loubière, vétérinaire et directrice technique de la gamme animaux de compagnie du laboratoire Ceva Santé Animale. En fonction des messages véhiculés par ces substances volatiles il choisira de se diriger ou de fuir leur source. Les glandes anales d’un chien en proie à une peur intense expulsent ainsi des sécrétions qui jouent le rôle de signaux d’alarme.

Une communication de proximité

Si certaines phéromones incitent Médor à prendre la poudre d’escampette, d’autres incitent au rapprochement. C’est le cas des phéromones d’apaisement, ou apaisines, sécrétées par les glandes entourant les mamelles de la chienne qui contribuent au processus d’attachement mutuel. Elles indiquent aux chiots qu’ils peuvent se sentir à l’aise et en sécurité « et le souvenir associé à ces phéromones perdurera à l’âge adulte ».

Quand Médor rencontre Youki, son premier réflexe est de renifler les parties génitales, anales et caudales de son camarade. Rien de dégoutant à cela… Les glandes situées dans ces différentes zones libèrent des phéromones d’identification qui constituent vraisemblablement la carte d’identité de chaque individu. S’agit-il d’un dominant, est-il en bonne santé ? Autant d’informations présumées, « car nous sommes loin d’avoir décrypté le rôle de tous les phéromones chez le chien » regrette Marie-Laure Loubière.

Alexandrine Civard-Racinais

 

• Pour en savoir plus sur l’univers olfactif du chien :


• A lire : Dans la tête d’un chien de Grégory Berns (HumenSciences, 2019)

 

 

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