Agriculture urbaine : quand des tomates poussent sur les toits

La start-up bordelaise Kanopée Koncept exploitent les espaces urbains libres pour faire pousser des fruits et des légumes, juste sous votre nez ! Cette nouvelle forme d’agriculture contribue non seulement au développement durable de nos villes mais elle est aussi créatrice de lien social

Derrière l’étonnant bourgeon architectural de l’Aréna de Floirac, sur la rive droite de Bordeaux, sort de terre une serre de 250 m2 qui laisse entrevoir de longues lianes vertes. François Millet, le fondateur de la start-up Kanopée Koncept, ouvre les portes de cette drôle de forêt, composée de pieds de tomates entremêlés d’herbes aromatiques et de colonnes de fraisiers. Un permaculteur, perché sur son échelle, est en train d’enlever les plantes adventices.

Un nouveau réseau social et durable ?

« Je fais de l’agriculture tout-terrain ! », explique François. Cet ancien « Dir Co » de peinture en bâtiment s’est lancé dans l’aventure après avoir vu le film Demain. La découverte de la permaculture a été pour lui une révélation. « Je trouve important de mettre sous les yeux des citadins des cultures afin qu’ils puissent voir comment ça pousse et le temps que ça prend. Alors, comme la terre en ville n’est pas forcément bonne, nous avons opté pour des cultures hors sol. Les racines des tomates baignent dans un liquide nutritif qui est renouvelé automatiquement. Pour les fraisiers, c’est un système de goutte à goutte sur les racines depuis le haut de la colonne ».

Quid du modèle économique ? Concept, culture et matériel sont vendus à des bailleurs sociaux, des promoteurs ou des entreprises. Et la jeune pousse, qui veut également sensibiliser à ce nouveau mode de consommation, propose des ateliers et des paniers. Grâce à cette initiative, un réseau social d’un nouveau genre est né, celui des locavores.

 

Sophie Nicaud