Aires marines protégées : un accord insuffisamment respecté

L’année 2020 sonne le bilan de la convention de la diversité biologique. En 2004, les États membres des Nations Unies signaient un accord pour que 10% de leurs eaux territoriales soient protégées en 2020. Verdict ? Une première étude montre que 6% des eaux en Méditerranée sont répertoriées comme aires marines protégées et seulement 0,23 % d’entre elles font l’objet de moyens efficaces et suffisants

L’enjeu est de taille : protéger l’océan qui, très modestement, régule notre climat, pourvoit à notre nourriture et abrite une biodiversité précieuse… Sans parler des services qu’il nous rend pour nos loisirs.

Selon une étude du CNRS publiée en avril, le constat est accablant. 95% des aires marines protégées (AMP) en Méditerranée ne présentent aucune différence avec les zones extérieures. Et pour cause, la plupart ne sont pas du tout gérées. Pire, dans cette course aux chiffres dans laquelle la France bat des records (23%), les pays vont même jusqu’à comptabiliser des zones qui n’existent pas encore. Face à la question de l’absence de gestion, c’est le monde du silence… politique.

Un océan sous pression

Pêche, nautisme, élevage, dragage des fonds, surfréquentation, etc. C’est pour contrer ces menaces qui pèsent sur l’équilibre des écosystèmes marins que sont créées les AMP lors du sommet de la Terre à Rio, en1992. Aujourd’hui, les scientifiques estiment qu’elles devraient couvrir entre 30 et 50 % de la surface de l’océan et donc investir les eaux internationales. Un vrai casse-tête juridique. Autant demander aux poissons de respecter les frontières….

Solution à tribord, la cogestion !

Les AMP, une douce utopie ? Sauf si elles sont bien gérées. Ce qui sous-entend un suivi scientifique, des réglementations, une surveillance et une information du public.
Et ça marche ! La preuve : sur le talon de la botte de l’Italie, côté mer adriatique, les scientifiques et les gestionnaires de l’AMP de Torre Guaceto ont impliqué les pêcheurs locaux. En limitant la pêche à un jour par semaine, les poissons se sont multipliés et ont grossi. Pari gagné, les pêcheurs sont devenus les meilleurs ambassadeurs de l’AMP !

Sophie Nicaud

 

En savoir plus :
Convention de la diversité biologique (CDB) : https://www.cbd.int/doc/legal/cbd-fr.pdf