Pourquoi a-t-on le hoquet ?

C’est l’instant où, finalement, on se dit que la science, des fois, fait défaut au moment où on aurait le plus besoin de ses lumières : on ne sait pas pourquoi on a le hoquet. Pas plus qu’on ne sait vraiment comment le faire passer

Il faut dire aussi que comme c’est généralement bénin et que ça ne prévient pas, il y a des choses plus importantes à étudier. Sauf pour certains scientifiques, comme Francis Fesmire, de l’université du Tennessee, qui a reçu l’Ig-Nobel (qui distingue une recherche incongrue ou inutile) pour ses travaux sur l’arrêt du hoquet par toucher rectal… si, si. On se moque, mais ce n’est pas si sot : on peut ainsi agir sur le nerf vague, qui joue un rôle dans le hoquet. Quant à savoir si le jeu en vaut la chandelle… (C’est une expression.)

Si on ne connaît pas les causes du hoquet, on sait à peu près ce qui le caractérise : le diaphragme s’abaisse très rapidement, les muscles intercostaux ouvrent les poumons comme pour une brusque inspiration alors que la glotte se ferme, empêchant l’air de passer. Et le « hic » est produit par les cordes vocales bien secouées par le phénomène. À l’origine de ce chambardement, une excitation des nerfs phréniques, qui contrôlent le diaphragme. Ou bien des nerfs vagues, qui passent à côté, responsables du rythme cardiaque et de la digestion.

Quant à savoir pourquoi… mystère. D’autant qu’en plus, le hoquet n’a aucune utilité physiologique. Certains ont avancé qu’il serait le reste de notre très lointain passé de poisson échoué sur la terre ferme: sous l’eau, on était capable de respirer sans avaler d’eau, d’où l’inspiration avec blocage de glotte. Tout juste remarque-t-on que le hoquet survient sou- vent après un gros repas, ou un repas trop rapide. Qu’il est favorisé par l’absorption d’alcool, par l’abus de cigarettes (plus de 10 par jour), par la grossesse… et autres activités qui chamboulent le système digestif.

Quant aux moyens de le faire passer, mis à part celui cité plus haut qui peut trouver des amateurs, quasiment tous les remèdes de grands-mères peuvent fonctionner, ou pas : faire peur pour troubler la respiration, boire un verre d’eau rapidement, avaler du pain sec, du vinaigre sur un sucre… S’empêcher de respirer aussi peut marcher. Mais sinon, le mieux reste d’attendre, sauf si on dépasse les deux jours à hoqueter, auquel cas, ça peut dissimuler une maladie sérieuse. Pour Charles Osborne, qui a hoqueté de 1922 à 1990 (record homologué), on n’a rien trouvé. Mais c’était avant qu’on pense au toucher rectal…