D’où vient la colère ?

À la question de l’origine de la colère, répondre « du plus profond de nous » est assez juste. La colère monte, monte, monte… puis elle sort comme si la cocote-minute explosait et que son couvercle, censé tout retenir, cédât. Alors, c’est l’effusion de cris, d’émotions multiples. Tout déborde

En tout cas, son expression devient incontrôlable. C’est certainement pour cela que la majorité préfère éviter les conflits pour ne pas exploser et ne plus rien maîtriser.

Et d’ailleurs, si les enfants à qui nous disons : « Essaye de maîtriser ta colère » pouvaient clairement argumenter, ils nous rétorqueraient avec violence que cette demande est idiote. S’ils cèdent facilement à la colère, souvent aussi éruptive que passagère, c’est justement qu’ils identifient mal leurs émotions et ne savent pas les décrire. Nous-mêmes, nous pouvons basculer dans la colère quand notre interlocuteur fait semblant de ne pas comprendre ce que nous voulons dire et qu’il s’arc-boute, ou encore face à une injustice. Oui, vous voyez, par exemple, cette lettre de l’administration qui répond à côté de votre demande…

Pour savoir d’où vient la colère, il faut d’abord la comprendre. La colère est une émotion comme le dégoût, la joie, la tristesse, la peur, etc. Alors, elle prend forme dans le cerveau pour mobiliser tout notre corps. L’hypothalamus, notre véritable tour de contrôle, va demander au corps de produire de la testostérone, de l’adrénaline et du cortisol. Un cocktail, véritable carburant de la colère, où une réaction nerveuse voire agressive va pourvoir s’exprimer, tendant les muscles et augmentant la pression artérielle. C’est là que la colère va déborder avant de pouvoir être enfouie ou contrôlée.
Jusqu’à peu, la zone de naissance de la colère était très discutée chez les scientifiques. Une équipe de recherche suisse affirme avoir identifié cette zone avec certitude grâce à un groupe de cobayes.

Habituellement, on les expose à des situations ou à des photos de personnes en colère. Là, les scientifiques les ont littéralement fait entrer en colère pour voir ce qui se passe dans le cerveau grâce à une IRM (imagerie par résonance magnétique). Verdict ? C’est depuis l’amygdale que la colère part. La même zone qui est en pleine activité lorsque surviennent d’autres émotions. Pour détendre l’atmosphère, la colère est une émotion comme une autre qui mérite toute notre écoute.

Alexandre Marsat