Sommeil : les objets connectés nous aident-ils vraiment à dormir mieux ?

Trois quarts des Français souffriraient de troubles du sommeil. Pour analyser notre sommeil et l’améliorer, toutes sortes d’objets high-tech et d’applications smartphone nous sont proposés. Sont-ils vraiment efficaces ? Réponses avec des chercheurs en neurosciences et spécialistes du sommeil

Pour venir à bout des troubles du sommeil, de nouvelles solutions émergent, comme la « sleep tech ». Opportunités marketing ou véritables aides ? « On ne peut pas balayer ces technologies d’un revers de la main », estime le neurologue Marc Rey, président de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) dans un article publié en 2020 dans Le Dix.

Maxime Elbaz, chercheur en neurosciences* complète : « Les objets connectés et leurs applications mobiles sont capables de dépister l’insomnie, le syndrome d’apnée du sommeil, des dysfonctionnements de l’horloge biologique. Ils pourront à terme aussi suivre dans la durée ces troubles du sommeil. De plus, ces objets connectés apportent du réconfort. »

Prendre conscience de son trouble du sommeil et agir

Lesquels fonctionnent vraiment ? Membre de l’iSleep Lab au Centre du sommeil et de la vigilance de l’hôpital Hôtel-Dieu à Paris, Maxime Elbaz explique : « Nous avons testé plusieurs montres connectées (Fitbit ionic qui mesure aussi le taux de saturation en oxygène, Garmin, Samsung, Nokia et l’iWatch d’Apple avec l’appli Sleep rate) et la bague connectée Oura ring de la start-up finlandaise Oura. Il en ressort que deux trackers de sommeil calculent particulièrement fidèlement le temps total de repos et éventuellement les différents stades de sommeil (sommeil léger, lent profond, paradoxal…).

Et ce grâce aux irrégularités de la fréquence cardiaque et des mouvements. Les résultats, confidentiels, seront publiés sous peu. Ces outils permettent à l’utilisateur de prendre conscience de son trouble du sommeil et d’agir. Ils pourraient même remplacer l’actigraphie utilisée dans les centres de sommeil pour un bilan, l’offre de consultation en France étant insuffisante, selon Maxime Elbaz.

« Nous avons aussi développé l’application iSommeil, qui enregistre via le Smartphone, les ronflements et pauses respiratoires et détecte ainsi les apnées du sommeil. Elle analyse aussi les mouvements du dormeur et son temps d’endormissement à l’aide de l’accéléromètre, et permet de tester sa vigilance, révélatrice de la qualité de sommeil. »

Se rafraîchir pour dormir mieux

Autre innovation intéressante : le bandeau rafraîchissant (Ebb) pour apaiser l’esprit et offrir un sommeil plus réparateur, mis au point par le docteur Eric Nofzinger, chercheur américain du sommeil, et son équipe. « C’est très sérieux, la température corporelle doit diminuer d’un degré pour que le corps puisse tomber dans les bras de Morphée », souligne Maxime Elbaz.

Un autre objet attire l’attention de l’iSleep Lab : Lys (« lumière » en danois), un petit capteur à porter à son col et qui indique en temps réel si vous recevez la juste dose de lumière pour mieux dormir. De quoi vous convaincre de passer plus de temps dehors et de changer quelques ampoules (LED) chez vous !

Maxime Elbaz prévient : « Un bon dormeur qui utilise un objet connecté peut rapidement basculer dans l’orthosomnie, l’obsession du bien dormir et devenir un patient…insomniaque ! »

Florence Heimburger

 

 

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