Comment se faire obéir par ses enfants sans crier ?

Fermeture d’écoles ou classes, télétravail, couvre-feux, vacances à la maison… depuis le début de la crise, les parents passent plus de temps avec leurs enfants, pour le meilleur et pour le pire ! Comment exercer son autorité sans autoritarisme, menaces, punitions, cris et pleurs ? Les conseils de Nina Bataille, coach certifiée, spécialisée en neurosciences et auteure d’un livre sur le sujet

Entre le stress et la présence accrue des enfants à la maison du fait de la crise sanitaire, il est parfois difficile de ne pas hausser le ton quand votre chérubin rechigne à faire ce que vous lui demandez. Pourtant, crier s’avère rarement utile et crée généralement une ambiance pesante. Nina Bataille, coach et auteure de Je me fais obéir sans crier (éd. Larousse), formée à la psychologie positive et à la communication non violente, vous souffle 3 astuces pour éviter de sortir de vos gonds !

Tenir compte de l’immaturité du cerveau de l’enfant

Vos enfants n'obéissent pas à vos demandes? Ils mettent votre patience à rude épreuve avec leur écoute sélective? Vous vous sentez démunis? Ce livre d'astuces et conseils pour parents en détresse est fait pour vous.

Vos enfants n’obéissent pas à vos demandes? Ils mettent votre patience à rude épreuve avec leur écoute sélective? Vous vous sentez démunis? Ce livre d’astuces et conseils pour parents en détresse est fait pour vous.

Jusqu’à l’âge de 5 ans, l’enfant a un cerveau très immature : il contrôle difficilement ses émotions et actions. « Les enfants ne sont pas des adultes en miniature, souligne Nina Bataille. Les dernières découvertes neuroscientifiques démontrent que seule une relation empathique permet aux enfants de déployer pleinement leurs capacités intellectuelles et affectives. Les paroles et les actes des adultes sont déterminants pour le développement de leur cerveau : des encouragements et conseils, le moins de réprimandes possibles ! L’adulte doit comprendre et accompagner les émotions de l’enfant et l’apaiser au lieu de le punir lorsqu’il est en colère… Il est tout à fait possible d’être à la fois ferme et bienveillant », raconte la coach mère de trois enfants.

 

Apprivoiser ses émotions

« Quand on est en colère, on n’a pas accès à son cortex préfrontal, indique Nina Bataille. En d’autres termes : on ne réagit pas de manière « intelligente », on jure, on crie, on tape… Cela vaut pour les enfants comme pour les adultes. En adoptant certaines techniques d’apaisement et de maîtrise de soi, comme celle de « la tortue », on peut apprendre à calmer sa colère au lieu d’exploser et de se sentir encore plus mal. Elle consiste à s’imaginer être une tortue qui se retire dans sa carapace : tendre les bras le long du corps, baisser la tête et fermer les yeux puis respirer profondément 5-6 fois pour se détendre. Cette méthode d’autocontrôle destinée à éviter la crise est très efficace, notamment sur les enfants hyperactifs. »

 

Savoir distinguer besoin et désir

« Les enfants ont tous des besoins fondamentaux auxquels les parents doivent répondre, explique Nina Bataille : manger, boire, dormir, se défouler, jouer, explorer, apprendre, être rassuré… D’autres, comme avoir des bonbons ou un téléphone portable sont de l’ordre du désir. Répondez à ses besoins fondamentaux, mais ne cédez pas à tous ses désirs. » Il faut que les deux parents partagent le même système de valeurs et s’y tiennent. Bien sûr, les règles peuvent évoluer selon le contexte (télétravail, invités…) et l’âge de l’enfant (qui grandit !), comme par exemple celle pour l’acquisition d’un smartphone..

Florence Heimburger