Des « bains de forêt » lancés par le Département de Gironde à Hostens

Venu du Japon, le shirin-yoku ou « immersion en forêt » ou « sylvothérapie » se développe en Gironde, dans le domaine d’Hostens, à l’initiative du Département. Cette pratique vise à s’apaiser et ressourcer. Elle est gratuite et ouverte à tous à partir de 12 ans. On a testé et on vous raconte

En ce mercredi matin 21 juillet sur le parking du tour du lac du Bousquey à Hostens, à 8h45, nous sommes deux participantes à venir découvrir le « shirin-yoku » ou « bain de forêt », accompagnées par Pierre Mathieu, directeur du patrimoine de la Gironde et l’un des cinq apprentis-guides « shirin-yoku » du département. En chaussures de marche et tenue couvrante contre les moustiques, non parfumés pour ne pas perturber l’odorat qui sera très sollicité, portables éteints, nous pénétrons dans le domaine d’Hostens- Gât-Mort, une luxuriante forêt landaise aux résineux et feuillus, qui borde cinq lacs. Quant à ses vertus, on ne les compte plus !

Des vertus santé et bien-être reconnues par la science

« Au-delà de leur beauté et de leur charme, les forêts possèdent de multiples bienfaits, révélés par de nombreuses études scientifiques, indique notre guide : selon le médecin japonais Qing Li (NDLR : auteur de Shirin Yoku, l’art et la science du bain de forêt, éd. First, 2018) qui a réalisé plusieurs travaux sur le sujet entre 2004 et 2012, cette pratique renforce le système immunitaire grâce aux ions négatifs et de phytoncides rejetés par les arbres pour se défendre contre les bactéries et les champignons. Elle réduit la pression artérielle, la glycémie, améliore la santé cardio-vasculaire et métabolique, la concentration et la mémoire… En outre, la couleur verte, couleur « froide », repose l’esprit, tout comme les lignes horizontales et verticales, le chant des oiseaux et le ruissellement de l’eau. »

Tous les sens en éveil

La promenade, 3 heures à rythme doux, est ponctuée d’invites du guide : passer un seuil et y laisser ses soucis ; avancer lentement et découvrir son environnement puis rendre compte de cette expérience en quelques mots ; fermer les yeux et se concentrer sur les bruits, les odeurs, la température. Mais aussi se laisser guider les yeux fermés ; choisir un « vivant détaché » (une feuille, une écorce, une pomme de pin tombée au sol…), le toucher, le humer, le goûter ; les yeux fermés. Se laisser guider par l’autre à la découverte des végétaux ; « offrir » un arbre à son binôme, il le saluera, en caressera l’écorce, y accolera son buste… fera corps avec ; enfin, contempler le lac…

Le lâcher-prise est total, le stress désamorcé, le calme intérieur retrouvé. On se sent bien ! La sortie s’achève par une « cérémonie du thé » autour d’une infusion à la mélisse trouvée en chemin, aux vertus elles aussi apaisantes. Avec un verre dédié à la forêt, qui nous a invités chez elle.

Après l' "effort", le réconfort avec une cérémonie du thé au bord d'un lac d'Hostens (Gironde). Copyright Florence Heimburger/Curieux.Live

Après l’ « effort », le réconfort avec une cérémonie du thé au bord d’un lac d’Hostens (Gironde). Photos Florence Heimburger

Hostens : premier lieu labellisé « shirin-yoku » en France

Premier lieu labellisé « shirin-yoku » en France (contre une soixantaine au Japon), le domaine d’Hostens comporte 16 parcours de « bain de forêt ». Le Département propose 4 sorties gratuites par mois cet été, puis au minimum deux à l’automne, sous l’égide d’un guide certifié. Cette nouvelle offre « nature & santé » de la Gironde, développée en collaboration avec Pascale d’Erm, journaliste, auteure et réalisatrice du documentaire « Natura », s’inscrit dans le cadre des actions de sensibilisation et d’éducation à l’environnement et s’adresse plus particulièrement aux personnes en situation de grande précarité.

Comme l’explique Jean-Marie Defossez, auteur de Sylvothérapie, le pouvoir bienfaisant des arbres, éd. Jouvence, 2018) dans un article de Le Monde publié en avril 2018, « même si les arbres n’agissent que par l’effet placebo, la démarche mérite largement un petit détour… en forêt ! »

Florence Heimburger