Dégénérescence maculaire (DMLA) : la prévention passe par les aliments

Prendre soin de ses yeux tout en se faisant plaisir, c’est possible et même recommandé ! Car certains pigments végétaux contenus notamment dans les fruits jaune orangé peuvent retarder la survenue d’une maladie invalidante : la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Une équipe de chercheurs de l’Inserm et de l’Université de Bordeaux vient d’en apporter la preuve

Cet été, vous vous êtes régalés de salades de tomates, de poivrons marinés ou encore de pêches, alliant sans le savoir plaisir et… santé des yeux. Car ces aliments contiennent des caroténoïdes, des pigments végétaux protecteurs pour la rétine. Certains permettent même de réduire le risque de développer une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), révèle une étude récemment publiée dans la revue Nutrients par une équipe de chercheurs de l’Inserm et de l’université de Bordeaux.

Étudier le lien entre certains caroténoïdes et la DMLA

L’équipe de la chercheuse Inserm Bénédicte Merle* s’est particulièrement intéressée à la présence de lutéine et de zéaxanthine dans le plasma de 609 participants de la cohorte ALIENOR âgés de 73 ans et plus. Un âge auquel les personnes âgées sont plus susceptibles de développer une DMLA, maladie dégénérative dont la prévalence augmente avec les années (lire l’encadré).

25 à 30% des plus de 75 ans sont touchés par la DMLA.
Source : Inserm

Plus la concentration est élevée, moins le risque est grand

L’analyse des prélèvements sanguins des participants, suivis pendant 8 ans, a mis en évidence une association objective entre des niveaux circulants de lutéine et de zéaxanthine et une diminution du risque de survenue de la DMLA pouvant aller jusqu’à – 37%. « Les sujets présentant un niveau élevé de lutéine dans le plasma ont moins de risque de développer une forme avancée de la maladie », souligne Bénédicte Merle.

Deux caroténoïdes au service de notre rétine

Présents dans la rétine, « la lutéine et la zéaxanthine absorbent la lumière bleue, connue pour endommager la rétine à long terme. Elles ont aussi des propriétés anti-inflammatoires et jouent un rôle antioxydant afin de protéger la rétine du stress oxydatif, qui fait partie des facteurs de risque », énumère l’épidémiologiste. Seul hic, ces deux caroténoïdes ne sont pas fabriqués par notre organisme et doivent donc être apportés par notre alimentation.

Prévenir plutôt que subir

Pour avoir des concentrations plasmatiques suffisantes en lutéine et zéaxanthine, il convient de privilégier, « à tout âge et plus encore si l’on est une personne à risque », les fruits et les légumes jaune-orangé et les légumes à feuilles vertes comme le chou ou les épinards. Le jaune d’œuf est également très riche en lutéine. « Si on veut aller un peu plus loin, l’idéal pour prévenir la DMLA serait une alimentation de type méditerranéen, riche en fruits et légumes, et en poissons gras comme le maquereau ou le saumon qui apportent en outre des acides gras », complète Bénédicte Merle qui souhaiterait contribuer à la création d’un réseau de professionnels de la nutrition sensibilisés à cette problématique. Car la prévention passe aussi par l’assiette.

Alexandrine Civard-Racinais

* Centre de recherche Inserm-Université de Bordeaux U1219 – Bordeaux population health

La DMLA, une maladie invalidante

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la première cause de handicap visuel chez les plus de 50 ans et son incidence augmente avec l’âge. Cette maladie dégénérative affecte la macula, zone centrale de la rétine cruciale pour les tâches quotidiennes (lire, conduire, reconnaître les visages…). À un stade avancé, cette maladie prend deux formes : une forme dite humide et une forme sèche pour laquelle il n’existe pas encore de traitement.