Obésité : Dis-moi où tu habites et je te dirais si tu es en surpoids

Notre lieu de résidence influence nos comportements en lien avec la santé et notamment notre exposition au risque d’obésité. L’aménagement urbain devient un enjeu de santé publique

L’obésité est un problème de santé publique majeur qui touche 7 millions de Français. Même si des déterminants comme l’alimentation et l’activité physique jouent un rôle majeur, la maladie est plus complexe qu’elle n’y paraît. Focus sur notre cadre de vie dont certaines composantes favoriseraient l’obésité.

En France, le risque de surpoids est plus important dans les banlieues défavorisées

« Le lien entre obésité et précarité sociale est connu. Nous voulions voir si nous pouvions lier géographiquement santé et environnement de vie », raconte Thierry Feuillet, chercheur en géographie quantitative au Ladyss. Comment ? Par une étude statistique des données de santé, des comportements (alimentation et activité physique) et des lieux de résidence de 70 000 « nutrinautes » adultes de la cohorte* NutriNet-Santé.

Les résultats, publiés dans la revue Social Science & Medicine, montrent que non seulement le niveau de défaveur sociale des quartiers est un bon indicateur du risque d’obésité mais que l’intensité de ce lien varie aussi en fonction du degré d’urbanisation. « Si vous vivez en banlieue défavorisée, vous avez beaucoup plus de chances d’être en surpoids qu’en banlieue favorisée. La différence est moins marquée entre grandes villes favorisées et grandes villes défavorisées », explique le chercheur.

Premier test grandeur nature sur le suivi d’un projet de réaménagement

Pour comprendre l’impact du cadre de vie sur nos comportements en lien avec la santé, des chercheurs ont eu l’idée de suivre les habitants d’un quartier avant, pendant et après un chantier de réaménagement urbain.

Ce test grandeur nature, financé par L’ANR et l’I-Site Future, sera la première étude expérimentale française d’évaluation de transformations urbaines sur la santé.  « Ce projet fera travailler une dizaine d’équipes de pluridisciplinaires, des géographes, des médecins, des épidémiologistes… Nous sommes actuellement en train de définir le protocole d’évaluation qui durera plusieurs années. L’objectif est d’observer les changements de comportements dans une cohorte d’habitants d’un quartier en phase de réaménagement et dans une cohorte d’habitants d’un quartier témoin », annonce Hélène Charreire, géographe de la santé au Lab’Urba.

L’étude des facteurs comme le bruit, la pollution de l’air, les pratiques alimentaires et de mobilité active (marche, vélo) devrait apporter quelques réponses sur leurs relations avec l’obésité.

Affaire à suivre…

Sophie Nicaud

 

* les études de cohorte consistent à observer dans le temps la survenue d’événements de santé et/ou en lien avec la santé au sein d’une population définie.