Cyril Dion propose de se reconnecter au vivant avec son film « Animal »

Le dernier film du réalisateur Cyril Dion, Animal, sort en salles ce mercredi 1er décembre. Alors que l’on a perdu 50% de la vie sauvage en 50 ans, il propose des pistes pour sauver la diversité. Le tout en suivant deux jeunes activistes à travers le monde

Comment nous reconnecter avec le Vivant ? Cette question est au centre d’Animal, dernier film du réalisateur et militant écologiste Cyril Dion, co-fondateur du mouvement « Colibris » aux côtés de Pierre Rahbi. Elle est aussi au centre des préoccupations de Bella et Vipulan, deux jeunes activistes qui, comme bien d’autres représentants de leur génération, ont de plus en plus de difficultés à garder foi en l’avenir. Crise climatique, perte des espèces… le constat est sombre.

Le monde comme il va (mal)

« J’avais envie que l’on regarde le monde à travers leurs yeux, avec leur candeur, leur intelligence, leur sensibilité », explique Cyril Dion. Et ça marche ! Leur candeur et leur sensibilité font merveille face à un éleveur de lapins obligé de produire « toujours plus » pour arriver à se rémunérer 400 euros par mois, dans le cadre d’un modèle de production intensive qui assimile les lapereaux morts à des déchets.

Leur intelligence est mise à rude épreuve par la découverte de la face cachée des prises de décisions à l’échelle européenne, influencées par les lobbyistes de tous poils. Aux côtés de Claire Nouvian, fondatrice de l’association Bloom, les deux ados tentent d’interpeller un député européen espagnol sur le sujet de la pêche aux requins. Incroyable séquence qui se referme en même temps que les portes de l’ascenseur sur un homme froid et arrogant, sourd aux questions de deux jeunes citoyens !

L’oeil de la caméra suit le duo Bella Lack et Vipulan Puvaneswaran en quête de réponses et de raisons d’espérer.
PHOTO CAPA Studio – UGC Images

Éloge de la diversité

Heureusement, d’autres hommes et femmes rencontrés aux quatre coins de la planète par le duo redonnent un peu d’espoir en l’Humanité. On croise ainsi la primatologue Jane Goodall, l’économiste Eloi Laurent parlant de bien-être et d’amour, le philosophe et naturaliste Baptiste Morizot, la juriste Valérie Cabanes, la biologiste marine Lotus Vermeer, et bien d’autres…

Car il est (encore) possible de changer de modèle, de remettre de la diversité là où l’homogénéité se répand comme un cancer. « A chaque fois qu’on tue la diversité, c’est le début de nos ennuis. Et partout où l’on réintroduit de la diversité, on réintroduit de la vie et ça c’est faisable, dès maintenant ! », martèle le réalisateur.

« Le fond du problème, c’est le système. Mais on ne pourra changer de système qu’en reconsidérant notre rapport au Vivant. Il faut changer l’ordre des priorités. » Cyril Dion

Pas de solution univoque 

Car des solutions fondées sur la nature existent ! Comme en témoignent Charles et Perrine Hervé-Gruyer, co-fondateurs de la ferme du Bec d’Hellouin dont la réussite prouve qu’un autre monde est possible, en harmonie avec la nature tout en tenant compte des besoins des humains, dans le respect des grands équilibres du vivant.

Bien sûr, convient Cyril Dion, « il n’y a pas une seule vérité, une solution univoque, mais une direction à prendre, celle qui privilégie la diversité ». Et un message à retenir, il nous faut sortir de nos « bulles urbaines » et de nos prés carrés, fréquenter le Vivant, apprendre à cohabiter avec lui (magnifique séquence avec l’entomologiste belge Nicolas Vereecken ou l’éthologue suisse Jean-Marc Landry). Car « on ne peut protéger quelque chose que l’on ne connait pas, que l’on ne fréquente pas ».

Alexandrine Civard-Racinais

* film co-écrit avec Walter Bouvais.