Pourquoi pleure-t-on ?

Si les oiseaux se cachent pour mourir, beaucoup d’humains se cachent pour pleurer. Et pourtant, loin de toute émotivité exacerbée, le phénomène est très courant, pour ne pas dire vital pour notre corps

À part dans les films, tous les pleurs proviennent des glandes lacrymales. La principale se situe tout près du globe oculaire, dans l’os frontal, au-dessus de l’œil, et plusieurs glandes bien plus petites sont situées sur le haut de la paupière. Ce n’est pas un liquide lambda à comparer avec l’eau. Cette sécrétion va véhiculer tout ce qui est nécessaire à la zone de l’œil. Tout d’abord des antibactériens et des anticorps qui vont permettre de lutter contre les corps étrangers.

Mais aussi tous les nutriments nécessaires aux cellules de la cornée. La glande lacrymale principale et les plus petites ne sont pas sollicitées dans les mêmes cas de figure. Les petites glandes envoient la sécrétion comme le liquide de lave-glace glisse sur le pare-brise, pour qu’il parcoure tout l’œil. Car, en clignant des yeux, le liquide va se diffuser en « film lacrymal ». De vrais pleurs de lubrification qui vont nettoyer l’œil et repousser les impuretés.
La glande principale, elle, va donner les larmes plus fortes en cas d’émotion ou d’agression et d’irritation forte dans l’œil. Et puis imaginez votre œil complètement sec…. Le liquide lacrymal va assurer l’humification et la transparence du cristallin pour permettre une meilleure vision.

Pleurs et nez qui coule

Si on produit 0,1 ml de pleurs par heure, il faut bien évacuer le tout sans avoir continuellement une larme sous la paupière. Alors, deux petits canaux sont situés au coin de l’œil, côté nez, pour pouvoir diriger ce liquide ailleurs. Mais où ? Eh bien, dans le nez, via le canal lacrymo-nasal. Si le liquide du film lacrymal va s’évaporer sans que l’on s’en rende compte, c’est différent pour les grosses larmes. D’où le nez qui coule pendant une crise de pleurs…

Et l’oignon, dans tout ça, pourquoi nous fait-il pleurer ? On est là dans une réaction chimique en chaîne. Captant le soufre du sol dans lequel il pousse, on va le libérer en le coupant. À ce moment, il entre en contact avec l’alliinase, l’enzyme responsable de son goût. La synthèse de l’acide sulfénique démarre avant de donner naissance à l’oxyde de propanethial, gaz irritant. Dès que ce dernier entre en contact avec le liquide lacrymal (que l’on a toujours avec le film lacrymal), il va se transformer en acide sulfurique. L’irritation est flagrante. Alors, la glande lacrymale va à nouveau sécréter le liquide pour se protéger. Liquide lacrymal qui va entretenir le phénomène…

Une autre bonne raison de pleurer.