Il est possible de dépolluer les océans. Vérification des faits

200 millions de tonnes de déchets plastiques polluent les océans. Et chaque année, ce sont près de huit millions de nouvelles tonnes qui sont versées. Alors, les initiatives pour lutter contre cette pollution marine se multiplient. Pour autant, est-il possible d’éradiquer l’une des matières les plus utilisées au monde ? Démêlons le vrai du faux

Une bouteille à la mer ! Enfin, plutôt des millions… L’état de pollution des océans de ces dernières décennies n’en finit pas d’alerter les citoyens du monde entier. Des ONG entreprennent de plus en plus de nettoyer les mers, traquant le plastique, qui représente environ 75% des déchets marins selon le ministère de la transition écologique.

L’équivalent d’un camion poubelle, soit 19 tonnes de plastique, seraient déversées chaque minute dans l’océan d’après l’association Plastic Odyssey. Cette grande quantité de déchets n’est pas le seul élément à rendre le travail de dépollution complexe et colossal. Un autre obstacle se dresse : les microplastiques.  

D’une seule bouteille à des milliers de particules de microplastiques

Lorsque des déchets plastiques se retrouvent dans l’océan, ils sont confrontés au sel, au soleil et à la force des vagues. Ils se décomposent jusqu’à atteindre une nouvelle forme : le microplastique. Particule inférieure à 5 millimètres, elle ne peut pas être retirée des océans avec la même aisance qu’une bouteille ou qu’un sac plastique. Aujourd’hui, le ministère de la transition écologique estime à 5 000 milliards le nombre de ces particules flottant à la surface des mers. Alors, face à un tel défi, les actions sont limitées.

Pollution marine : quelles alternatives ?

Infographie par Amandine Dargenton

À ce jour, les actions de lutte les plus courantes contre la pollution restent les explorations en bateau. Des équipages se forment et tentent de récupérer le plus de déchets possibles des océans. Seulement, avec huit millions de tonnes de plastique déversées chaque année dans les espaces marins, ces missions ne produisent pas de résultats déterminants.  

D’autres continuent de chercher une solution plus efficace et radicale. Boyan Slat est l’un d’entre eux. Il travaille au développement d’une grande barrière flottante, qui, grâce aux courants marins et à sa structure récolterait les déchets plastiques. Il a déjà effectué plusieurs tests dans le Pacifique, pas toujours fructueux comme le rappelle Le Monde. Il estime tout de même possible d’atteindre son objectif de récolter 90 % des déchets dans cette zone d’ici 2040. La communauté scientifique et maritime n’est pas unanime quant à ses chances. Un autre espoir s’était posé sur une enzyme bactérienne, capable de digérer le plastique mais elle a été vite critiquée comme l’expliquait Curieux.live.

Le recyclage du plastique est-il efficace ?

Plusieurs médias ont enquêté sur les rouages du recyclage et sa fiabilité. Dans un hors-série, 60 millions de consommateurs dévoile des chiffres surprenants : seulement 26% des emballages en plastique sont recyclés en France. Et sur la totalité des produits en plastique dans le commerce, la part de matières premières recyclées incorporées est de 6 % comme le mentionnait Curieux.live. Alors, quand le recyclage n’est plus l’arme des consommateurs face à la pollution, que devient l’océan ?

Le meilleur moyen de les nettoyer est encore inconnu aujourd’hui mais une chose est sûre : si nos sociétés apprennent à ne plus produire de plastique, nous n’aurons pas à apprendre à nous en débarrasser. 

 Amandine Dargenton

Article réalisé dans le cadre d’un partenariat sur le Fact Checking entre Curieux et l’EFJ Bordeaux avec les étudiants de seconde et troisième années de cette école de journalisme.