À quel âge est-on le plus intelligent ?

Alors, bien sûr, il y en a qui n’atteindront jamais un pic d’intelligence… tout juste une petite colline, une collinette, que dis-je… un talus ? Jusqu’à présent, on pensait que ce maximum se situait aux alentours de 20 ans parce que c’est l’âge à partir duquel le nombre de neurones commence à baisser. Mais ça, c’était avant les dernières recherches. Qui montrent que non seulement la quantité de neurones ne baisse pas tant que ça, mais qu’en outre il est même possible que de nouveaux se créent.

Chez le canari par exemple, les zones du cerveau impliquées dans la maîtrise du chant croissent ou décroissent en fonction des saisons et donc de l’utilité de bien chanter. Chez l’homme, le canari contemporain est le chauffeur de taxi d’avant le GPS. En effet, avant cette invention, on avait étudié que les chauffeurs londoniens avaient la face postérieure de l’hippocampe qui se développait sans arrêt. Obligés de retenir le plan de Londres et d’y opérer des connexions rapides en deux dimensions pour trouver rapidement le meilleur itinéraire, ils développaient ainsi pendant toute leur vie la partie de leur cerveau concernée.

Ce qui compte, plus que le nombre de neurones, c’est la plasticité du cerveau,ou la possibilité d’effectuer facilement des connexions nouvelles entre les neurones. Et là, effectivement, on est plus à l’aise étant jeune. Une étude du Massachusets Institute of Technology montre qu’en fait l’apogée de l’intelligence dépend… de ce qu’on lui demande.

Penser rapidement, analyser, raisonner, résoudre rapidement des problèmes ? Voyez plutôt ça à 18 ans. En revanche, analyser les émotions des autres et se souvenir des événements récents, c’est plutôt après 30 ans que ça se passe. Quant à la capacité lexicale et de compréhension, c’est carrément autour de 50 ans, avec l’expérience acquise, que l’on est au sommet de sa forme. Tout ça montre une chose : ça dépend ce qu’on attend de l’intelligence. Ce n’est que dans les années 1970 que l’on en a défini deux grands types : l’intelligence fluide, qui concerne surtout tout ce qui est rapidité, observation et qui n’exige pas de prérequis. Là, on dégringole après 20 ans. Et l’intelligence cristallisée (tests de vocabulaire, culture générale, compréhension, arithmétique…), qui s’accroît par exercice et accumulation et qui ne diminue qu’avec la sénilité.

En lisant cette rubrique, vous avez cristallisé un bon coup. Toujours ça de pris.

Jean-luc Eluard