Perturbateurs endocriniens : pourquoi et comment limiter leur exposition ?

Eau, alimentation, emballages, produits cosmétiques ou d’entretien… Les perturbateurs endocriniens sont partout. Depuis le 1erjanvier, les fabricants doivent informer le consommateur de leur présence dans les produits que nous consommons. Mais de quelles substances parle-t-on exactement ? Quels sont leurs effets sur la santé ? Comment limiter notre exposition ? Le point

Pesticides, parabènes, phtalates, bisphénol A… Une grande partie de la population est exposée à des mélanges de perturbateurs endocriniens. Ces substances capables d’interférer avec le système hormonal qui sont omniprésentes dans l’alimentation et l’environnement. Or nous sommes exposés à des niveaux délétères avec de nombreuses conséquences comme la construction du cerveau des jeunes enfants selon des travaux publiés le 17 février 2022 dans la revue Science.

De multiples pathologies et troubles

On sait aussi que ces substances augmentent ou sont suspectées d’augmenter la survenue de certaines pathologies ou troubles. Notamment l’altération ou la baisse de la fertilité, cancer des testicules ou de la prostate chez l’homme, puberté précoce, endométriose, ovaires polykystiques, troubles de la fertilité, cancers des ovaires et du sein chez la femme. Et, chez les deux sexes, une obésité ou un diabète de type 2, des pathologies coronariennes, une hypertension artérielle, des déficits cognitifs, d’attention, une hyperactivité, un autisme, une maladie d’Alzheimer, de Parkinson, de l’asthme, etc.

Dans ce contexte, l’association girondine « Objectif santé environnement » a réalisé avec le soutien de l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine un guide d’information dédié aux médecins, sages-femmes et professionnels de santé accompagnant des futurs et jeunes parents. Ce sont les femmes enceintes et les enfants jusqu’à la puberté qui doivent être les plus vigilants. En effet, l’exposition aux perturbateurs endocriniens est plus dangereuse pendant certaines phases critiques de développement, en particulier les 1000 premiers jours de vie in utero et durant la petite enfance.

Comment limiter son exposition ?

Pour limiter son exposition à ces cocktails de substances chimiques néfastes, plusieurs mesures peuvent être adoptées. Côté alimentation, on peut réduire sa consommation de produits transformés et notamment ceux contenant des conservateurs alimentaires avec des parabènes (E 214 à E 219) ; opter pour le bio quand cela est possible. Ou encore conserver les aliments dans des contenants en verre et ne pas les réchauffer au micro-ondes dans des barquettes en plastique. Côté cosmétiques, faire preuve de modération ; par exemple, laisser ses ongles sans vernis ; opter pour des produits sans phtalates ; pour assainir l’air intérieur, aérer les pièces de vie au moins 10 minutes tous les jours, notamment le soir avant le coucher ; choisir des peintures naturelles. Et au jardin inutile d’utiliser des pesticides…

Près de 800 substances chimiques sont considérées comme des perturbateurs encdocriniens par l’Organisation mondiale de la santé mais il n’existe pas de liste exhaustive. Leur particularité : elles peuvent présenter des risques même à très faibles doses… Ouvrez l’œil !

Florence Heimburger