La France est-elle vraiment sous l’emprise d’un « dôme de chaleur » ?

Un dôme de chaleur serait-il responsable des températures élevées que nous connaissons depuis quelques jours ? Non répond Météo-France. Mais alors de quoi s’agit-il vraiment ? Explications

La France suffoque, normal me direz-vous elle est sous cloche ou plus exactement sous le fameux « dôme de chaleur ». Sauf que… cette image n’est pas le reflet de la situation que nous connaissons depuis début mai.

Pas de dôme de chaleur sur la France…

Un dôme de chaleur est une masse d’air chaud qui stagne. « Ce phénomène très particulier résulte d’une situation de blocage atmosphérique. Sous l’effet des hautes pressions, l’air chaud se retrouve coincé près du sol et ne bouge plus » explique Christine Berne, climatologue à Météo-France. Notre pays a déjà connu pareille situation extrême au cours de l’été 2003. De l’autre côté de l’Atlantique, un dôme de chaleur s’est formé durant l’été 2021 au-dessus du Canada et des États-Unis où le mercure a localement flirté avec les 50°C.

Les températures élevées relevées en France ces derniers jours résultent d’une situation anticyclonique plus classique avec une remontée d’air chaud depuis l’Afrique du Nord. « Ce flux d’air chaud bouge un peu et se déplace un coup à l’est, un coup à l’ouest, nous ne sommes pas dans une situation de blocage ». Un rafraîchissement relatif est attendu dès le 21 mai au nord, tandis qu’il faudra patienter jusqu’à lundi 23 dans les régions du Sud.

Record battu, mercredi 18 mai au Cap Ferret où le thermomètre a grimpé jusqu’à 35°. Le record précédent — 34.6° — remontait au 16 mai 2002. En face, au pied de la dune du Pyla, conserver son chapeau était impératif ! PHOTO Alexandrine Civard-Racinais

… mais des températures anormales

Avec ou sans dôme au dessus de nos têtes, la vague de chaleur (lire encadré) n’en est pas moins  « exceptionnelle ». Certes, un tel évènement s’est déjà produit par le passé : l’hexagone a connu 43 vagues de chaleur depuis 1947, la dernière en date remontant au mois d’août 2020. « Mais ces vagues de chaleur survenaient plus tard », souligne Christine Berne. Celle que nous subissons actuellement est « remarquable par sa précocité, sa durabilité et son étendue géographique ».

Sur les 17 premiers jours du mois de mai, l’anomalie de température moyenne observée sur la France atteint déjà 3,1 degrés. Ce, par rapport aux « normales » climatologiques établies pour un mois de mai sur une période de 30 ans par les services de Météo-France.

Anomalie de température à 2 mètres prévue pour la semaine du 16 au 22 mai 2022 par le modèle du CEP. © Météo-France.

Le mois de mai le plus chaud depuis 1900

Sans jouer les Cassandre, il est donc fort probable que « ce mois de mai 2022 soit le mois le plus chaud jamais connu en France ». Il devrait détrôner celui de mai 2011 et ne restera sans doute pas longtemps sur la première marche du podium. Car, dans le contexte de dérèglement climatique que nous connaissons, les vagues de chaleur sont amenées à devenir plus fréquentes et à survenir plus précocement. Allez, une bonne nouvelle tout de même : un épisode de chaleur en mai n’augure en rien d’un été torride. Ainsi, le mois de mai 2011 ne fut pas suivi d’un été plus chaud que la normale.

Alexandrine Civard-Racinais

 

Qu’est ce qu’une vague de chaleur?

Une vague de chaleur se caractérise par :

  • des températures au dessus des « normales » climatologiques saisonnières établies sur une période de 30 ans ;
  • qui ne redescendent pas pendant une série minimum de 3 jours consécutifs