Qui n’a jamais rêvé d’apprendre une langue étrangère ou les grandes dates de la Seconde Guerre mondiale en… dormant ? Mais ce rêve peut-il vraiment devenir réalité ?

Née à la fin des années 50, l’hypnopédie, ou la capacité d’apprendre pendant le sommeil, n’a hélas jamais fait ses preuves. Certes, pendant le sommeil, notre cerveau est capable de continuer à percevoir des sons. Mais entendre, ne suffit pas pour apprendre.

Le cerveau entend mais n’apprend pas

Une étude, publiée le 6 août 2018 dans la revue Scientific reports, par un groupe de chercheurs de l’ULB Neurosciences institute (UNI-Bruxelles) a montré que la capacité de grouper ces sons en fonction de leur organisation dans une séquence n’est présente qu’à l’éveil, et disparaît totalement pendant le sommeil.

Les capacités d’apprentissage du cerveau endormi se limitent donc à des associations très simples. « Notre conclusion pour le moment est que pendant le sommeil nous ne pouvons pas traiter, donc apprendre, les associations complexes », indique Philippe Peigneux, professeur à la Faculté des sciences psychologiques et de l’éducation de l’ULB, superviseur de cette étude. Les résultats d’une étude israélienne, publiée en 2017 et portant sur des structures linguistiques complexes, vont dans le même sens.

Quand le sommeil est réparateur

Si l’hypnopédie n’a pas encore fait ses preuves, le sommeil est par contre utile à la fixation des apprentissages. On sait aujourd’hui que la phase de sommeil lent est importante pour restaurer les capacités d’apprentissage du cerveau, il sert aussi à consolider, amplifier la mémoire déclarative. Le sommeil paradoxal joue le même rôle pour la mémoire procédurale qui concerne nos habilités. 

Des expériences ont ainsi montré que la pratique de micro-siestes post-apprentissages était susceptible d’améliorer la consolidation de la mémoire.

A l’inverse, la privation de sommeil pendant une longue durée provoque des dysfonctionnements cérébraux. Pour bien apprendre, mieux donc veiller à avoir un sommeil de qualité, sans perturbations, ni stimulations excessives.

Alexandrine Civard-Racinais

Cet article est issu du livre 100 Fake news face à la science publié par Curieux chez First éditions

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