D’où vient le rhume ?

Laquelle de ces deux affirmations est certainement fausse quand vous croisez un ami dans la rue : « Je ne t’embrasse pas, j’ai le rhume » ou « Pas de bise, j’ai la grippe » ? Une vraie grippe vous clouant au lit pour plusieurs jours, il y a peu de chance que vous alliez gambader au marché. 

La première affirmation, phrase prétexte pour ne pas embrasser, est la plus crédible. Car, oui, le rhume s’attrape par contact. Pourquoi ? Comme la grippe, c’est un virus.

Un rhume ne s’attrape pas en oubliant son écharpe avant de sortir. « J’ai attrapé froid » doit figurer dans les annales des médecins. Mais cette expression qui mélange froid et rhume n’est pas une légende urbaine complètement idiote. Si on ne s’enrhume pas en sortant les cheveux mouillés en plein hiver, ce « coup de froid » va être une vraie porte d’entrée pour les rhinovirus, responsables du fameux rhume. Le froid affaiblissant notre organisme, on est plus sensible à tout ce qui traîne.

La confusion entre rhume et froid est assez logique. D’abord parce que le rhume arrive avec l’hiver. Les rhinovirus détestent les rayons du soleil dont les UV viennent l’attaquer et se développent à des températures basses. La seconde raison vient du fait que le froid fait couler le nez. Alors, c’est un rhume ? Eh bien, non. C’est à s’y perdre. En fait, le nez va couler dès qu’il est confronté au froid. Nos fosses nasales produisent jusqu’à un litre de mucus par jour pour humidifier et réchauffer l’air inspiré, mais aussi pour combattre tous les micro-organismes qui rentrent ici comme dans un moulin.

En temps normal, ce mucus est envoyé de l’avant vers l’arrière par un mouvementdes cils du nez. Mais ces cils sont littéralement transis dès que les températures passent en dessous de 10 °C. Et hop, c’est la goutte au nez ! Pire, l’air froid inspiré va alors rentrer dans un nez plus chaud, mêlé au mucus : le phénomène est accentué. Et c’est pire à vélo ou en courant : le froid est plus intense avec la vitesse (le vent) et on respire plus avec l’effort.

Bref, si votre collègue arrive à vélo avec le nez qui coule, ne lui en voulez pas s’il croit avoir un rhume. Ce n’est pas très agréable de partager son mucus… Attention, si c’est un vrai rhume, il faudra une semaine pour se débarrasser des rhinovirus.

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Alexandre Marsat