Une algue vertueuse cultivée en pleine campagne dans les Landes

Ultra-protéinée, riche en fer et en vitamines, la spiruline est le « super aliment » à la mode. La Fédération des Spiruliniers de France compte 120 producteurs. Dans les Landes, la filière se développe, comme à Campagne, où une ferme écologique cultive la micro-algue depuis 2015.

Une odeur âpre et iodée. Des bassins remplis d’une eau chlorophylle. Le ronronnement des petites machines oranges qui la brassent. «Vous voyez, ce qui remonte à la surface ? C’est ça, la spiruline », indique la dynamique productrice Julie Devic. Dans sa ferme située à Campagne (Landes), elle gère de bout en bout la production de spiruline, ce “super-aliment” qui a le vent en poupe. « On entend partout que la spiruline est une algue, alors qu’en fait, c’est une cyanobactérie. On peut l’apparenter à une micro-algue, à la limite », précise-t-elle malicieusement.

La ferme ne rejette aucun polluant dans la nature

Bordée par la forêt et un champ sauvage, la ferme ne rejette aucun polluant dans la nature. Le séchoir utilisé pour la spiruline est mi-solaire, mi-électrique, et consomme donc peu d’énergie. Ces aspects écologiques ont permis à Julie Devic de recevoir, en 2016, le Trophée de la meilleure installation innovante d’Aquitaine, lors du Salon de l’Agriculture.

Toujours en quête d’amélioration, elle testera bientôt la phyto-épuration, l’épuration par les plantes, pour remplacer le tout à l’égout.

Julie Devic officie seule dans ses serres blanches, qui entourent et protègent cinq bassins. Pendant la saison, de mars à octobre, elle vient tous les jours à 6 heures nourrir la spiruline de bicarbonate de soude, d’azote, de fer et autres oligoéléments. Déplacé de bassine en bassine, un récolteur permet à la spiruline d’arriver sur une rampe, qui sépare l’eau de la cyanobactérie. Elle atterrit ensuite dans le réservoir final via un racloir, avant d’être filtrée.

Séparée de l’eau grâce au racloir, la spiruline coule alors jusqu’au réservoir final.

Direction ensuite le laboratoire, où la spiruline est pressée manuellement. Une pâte se forme et Julie Devic roule alors des spaghettis, qui seront entreposés dans le séchoir pour 5 à 18 heures. Dernière étape : une fois séchée, la spiruline est entreposée dans un drap, et concassée à la main pour garder tous les nutriments qui font sa réputation (protéines, fer, calcium, minéraux, etc.). Elle est alors prête à être consommée, sous forme de paillettes ou de poudre. Il ne reste plus qu’à goûter !

Après le séchoir, la spiruline est prête à être consommée.

 

Alexandra Jammet