Faut-il (vraiment) arrêter l’alcool pendant la grossesse ?

C’est le sujet auquel on est aujourd’hui le plus sensibilisé : l’alcool est néfaste pour l’embryon. Même une seule petite coupe de champagne ? Le tour de la question, à la veille des fêtes, où même le futur papa n’est pas épargné…

La grossesse est le moment de tous les interdits. Les femmes qui ont été enceintes peuvent témoigner du quotidien assez étonnant face à ces interdits. Et quand une femme enceinte ose oublier tel ou tel conseil médical, c’est tout son entourage qui lui tombe dessus : puisqu’elle va donner la vie, son corps ne lui appartient plus. Les proches, pensant bien faire, se permettent en effet de s’immiscer dans sa vie la plus intime.

A l’approche des fêtes de Noël et de leurs nombreux repas en famille, les femmes enceintes seront sous surveillance. Et à la moindre tentative d’incartade, ce sont des regards désapprobateurs qui tomberont sur elles.

Au premier rang des interdictions : l’alcool. Présent dans les spots publicitaires, à l’entrée de chaque cabinet médical, sur toutes les bouteilles, cela ne peut échapper à personne : l’alcool est néfaste pour les femmes enceintes. Plus exactement pour le fœtus qu’elle héberge dans son corps.

 

Un seul verre peut causer des dommages

Désolé pour les femmes enceintes, ce qui suit va finalement donner des arguments pour toutes celles et ceux qui se muent en grand conseiller des femmes en pleine grossesse.

Si les problèmes de l’alcoolisation pendant une grossesse sont bien connues, la majorité se dit qu’ « un seul petit verre au cours des neuf mois pour une grande occasion, ce n’est pas grave ». Ou encore que « le pire, c’est de boire de l’alcool pendant les 3 premiers mois ». Le bon sens ne peut pas contredire ces deux affirmations. Sauf qu’elles se révèlent toutes deux être deux belles idées reçues.

Il y a une sorte de fatalité dès le premier verre d’alcool. C’est-à-dire ? Le syndrome d’alcoolisation est dû à une prise trop importante d’alcool, mais un seul verre pris au mauvais moment soit pendant la formation d’un organe est délétère pour le fœtus. Impossible de connaître ce moment, c’est la roulette russe.
Et ce, autant pendant les deux  premiers mois, où se déroule la très délicate phase de l’embryogenèse où le fœtus se forme, qu’au cours des mois suivants. Eh oui, « il n’y a pas un meilleur moment pour boire ».

C’est pourquoi les médecins préconisent une abstinence totale pendant les neuf mois. Et l’agence Santé publique a d’ailleurs lancé une campagne « Vous buvez un peu, il boit beaucoup ».

 

L’alcoolisation des hommes néfastes pour le bébé

Alors pour aider les femmes enceintes, et ne pas verser dans la culpabilisation, le mieux est de ne pas trinquer en leur présence. Dire à une femme enceinte « tu ne devrais pas boire tout de même » avec un verre à la main mérite de se prendre un verre d’eau en pleine figure…
Et le futur papa ? La solidarité veut qu’il s’applique à lui-même cette abstinence. Mais surtout une étude médicale récemment publiée dans l’European Journal of Preventive Cardiology  encourage les papas à stopper l’alcool six mois avant la grossesse car le risque de maladies cardiaques pour le futur bébé est augmenté de 44% si les hommes ont bu avant la grossesse.

Voilà de quoi faire aussi culpabiliser les hommes et leur faire la leçon.

Alexandre Marsat