Cas de virus chinois en France : faut-il (vraiment) s’inquiéter ?

Le coronavirus venu de Chine a déjà contaminé plus de 2500 personnes et fait 80 morts. Identifié dans 15 pays, il a frappé la France avec 3 cas confirmés. Pour le ministère de la santé, les cas devraient augmenter

 

1-Le virus se transmet uniquement d’homme à homme. FAUX

La majorité des cas initialement décrits concernait des personnes ayant fréquenté un marché d’animaux vivants de Wuhan (marché fermé depuis le 1er janvier 2020 et désinfecté). L’hypothèse d’une zoonose (maladie transmise par les animaux) est donc privilégiée. Le risque de transmission interhumaine, initialement considérée comme nul ou faible, est désormais établi en raison de la survenue de cas au sein d’une même famille et chez des personnels soignants chinois s’étant occupés des premiers patients malades.

 

2-Le virus s’apparente à celui du Sras. VRAI

Celui que les experts nomment 2019-nCoV fait partie de la même grande famille des coronavirus que le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), ayant provoqué plus de 700 décès dans le monde en 2002-2003. Il s’agit de virus dont l’enveloppe virale est entourée d’une frange de grandes projections bulbeuses leur donnant l’apparence d’une couronne (d’où leur nom).

Par ailleurs, leur génome est constitué non pas d’ADN mais d’ARN, un cousin de l’ADN beaucoup moins stable que ce dernier. Du coup, les coronavirus ont tendance à muter rapidement. Ce qui a été le cas du Sras : il est rapidement devenu plus transmissible et plus virulent, et donc plus dangereux.

« Pour l’instant, le virus semble moins virulent que le Sras. Mais va-t-il muter pour le devenir ?, c’est toute la question », souligne Arnaud Fontanet, responsable de l’unité épidémiologie des maladies émergentes de l’Institut Pasteur, dans le journal Le Parisien du 20 janvier.

 

3-Le virus est très contagieux. VRAI et FAUX

Les données disponibles à ce jour ne permettent pas d’évaluer le degré de « facilité » avec laquelle le virus se transmet d’homme à homme. Toutefois, « pour l’instant, nous n’avons pas repéré ce qu’on appelle en épidémiologie de « super-contaminateurs », autrement dit des malades qui auraient contaminé, à leur insu, des dizaines d’autres personnes », explique Arnaud Fontanet, dans les colonnes de Le Parisien.

Néanmoins, la Chine, qui fut critiquée dans sa gestion du Sras, a employé les grands moyens en mettant en quarantaine dès le 23 janvier la métropole de Wuhan, foyer de l’épidémie. Plus aucun train ni avion ne doit quitter la ville de 11 millions d’habitants située en plein centre du pays.

Distribution géographique des cas confirmés de personnes infectées par le coronavirus 2019-nCoV au 22 janvier. Copyrights : European Centre for Disease Prevention and Control.

Distribution géographique des cas confirmés de personnes infectées par le coronavirus 2019-nCoV au 22 janvier. Copyrights : European Centre for Disease Prevention and Control.

 

 

4-Le port du masque suffit à s’en prémunir. FAUX

Les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour éviter d’attraper ce nouveau virus sont les suivantes : se laver les mains régulièrement en utilisant un désinfectant à base d’alcool ou du savon et de l’eau ; éviter tout contact étroit avec toute personne qui a de la fièvre et tousse.

Si vous vous trouvez en Chine : lors de la visite de marchés avec animaux vivants dans des zones connaissant actuellement des cas du nouveau coronavirus, évitez tout contact direct non protégé avec les animaux vivants et les surfaces en contact avec ceux-ci ; évitez la consommation de produits animaux (viande, œufs) crus ou insuffisamment cuits.

Le port d’un masque chirurgical n’apparaît pas dans les préconisations de l’OMS. Et pour cause : les virus ont une taille si infime (le Sras faisait 100 nm) qu’ils peuvent franchir cette barrière. En outre, à l’extérieur, les particules virales se dispersent aisément. Toutefois, il existe des masques plus performants (respirateur N95), dont le port fut recommandé au personnel de santé s’occupant de patients atteints du Sras. Les malades devraient aussi en porter pour éviter de propager le virus.

 

5-Il faut vite aller aux urgences ! FAUX

En France, toute personne présentant une infection respiratoire aiguë (fièvre, toux, difficultés à respirer) dans les 15 jours après être revenue d’un séjour en Chine doit composer le 15 (Samu) qui décidera de la conduite à tenir (voir le site de Santé Publique France).

Des messages d’alerte et de sensibilisation ont d’ailleurs été affichés dans les aéroports comme à Paris-Charles De Gaulle.

Un test diagnostique spécifique est en cours de développement par le Centre national de référence des virus des infections respiratoires (dont la grippe) de l’Institut Pasteur afin de détecter ce nouveau virus sur des prélèvements d’origine respiratoire.

Les patients potentiellement infectés par le 2019-nCoV doivent être pris en charge dans l’un des établissements référents sur le territoire français. Il n’y a actuellement pas de traitement spécifique vis-à-vis de ce type d’infection à coronavirus. Le traitement est donc symptomatique.

Florence Heimburger

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