Comptez les oiseaux avec la LPO pendant le confinement

Et si vous profitiez du confinement pour recenser les oiseaux qui fréquentent votre cour ou votre jardin ? Outre le bonheur que procure la contemplation du vivant, ce nouveau « défi nature » proposé par la LPO en partenariat avec le Musée national d’Histoire naturelle contribuera à une meilleure connaissance de la biodiversité ordinaire et de ses fabuleuses capacités d’adaptation.

Envie de faire une pause entre deux séances de télétravail ou d’aide aux devoirs ? C’est le moment de mettre le nez dehors et de relever le défi nature proposé par la LPO depuis le début du confinement. Le jeu consiste à recenser les oiseaux qui fréquentent votre cour ou votre jardin, quel que soit sa taille. « Il s’agit de compter les oiseaux posés et non ceux que l’on peut apercevoir chez le voisin par dessus la palissade ou le muret ou ceux qui ne font que passer », précise Marjorie Poitevin, responsable de l’Observatoire des oiseaux du jardin dans le cadre duquel s’inscrit ce défi.

 

Il n’est pas nécessaire d’avoir un grand jardin pour participer. PHOTO A. Orseau

Un défi ludique et sérieux à la fois

Dix minutes par jour suffisent, mais l’on peut bien sûr y consacrer plus de temps ou se limiter à des observations un jour sur deux. « C’est la régularité des observations qui importe » souligne Marjorie Poitevin. Régularité qui permettra aussi de se familiariser avec la cinquantaine d’espèces d’oiseaux « communs » qui fréquentent chaque année nos jardins.

Des outils d’identification sont en ligne et il est possible de demander de l’aide en cas de difficulté. Car la seconde règle est de veiller à l’exhaustivité des observations enregistrées sur le site de l’Observatoire, en renseignant « les espèces observées et le nombre maximum d’individus de chaque espèce vus en même temps ». L’erreur la plus fréquente étant d’additionner les individus vus en plusieurs endroits du jardin.

Le pinson des arbres fait partie des espèces les plus assidues en cette période, aux cotés du moineau domestique, de la mésange charbonnière, la mésange bleue et du merle noir. PHOTO F. Cahez / LPO

Des données indispensables aux scientifiques

Grâce à cette opération inédite, les scientifiques vont pouvoir disposer « d’un jeu de données robustes et comparables aux autres données déjà collectées dans le cadre de l’observatoire Oiseaux des jardins, se réjouit Grégoire Loïs, directeur adjoint du réseau Vigie Nature.

« Une fois que nous aurons isolé « l’effet météo » : le coup de froid enregistré dans la dernière décade du mois de mars » ou l’effet région, restera « l’effet confinement ». Et les chercheurs ne sont peut être pas à l’abri de certaines surprises… « Actuellement, les grives, les merles et les oiseaux qui se nourrissent au sol ont accès à une ressource alimentaire en self-service dans les parcs désertés. Quelle sera l’incidence de cette situation sur leur reproduction, nous n’en avons aucune idée… » Et c’est bien tout l’enjeu de ce défi nature que les citoyens confinés sont appelés à relever.

Alexandrine Civard-Racinais

Photo d’ouverture A. Orseau

 

Confinés, mais motivés !

  • 8 500 participants ont d’ores et déjà relevé le défi et saisi des observations dans 5 568 communes,
  • 151 310 données ont été enregistrées depuis le 17 mars (soit 6 fois plus qu’habituellement sur une période similaire. Chiffres communiqués le 1er avril 2020) ;
  • 377 400 oiseaux ont été observés… et ce n’est pas fini, car l’opération ne s’arrêtera qu’à la fin du confinement et « plus on aura de données, mieux ce sera ! », estime Grégoire Loïs. « Les participants peuvent réitérer leurs observations matin, midi et soir s’ils se prennent au jeu. Il n’y a pas de limites ! Le seul risque est de devenir accro, mais il s’agit d’une saine addiction ! ».

À lire pour prolonger cet article : le post de Colin Fontaine, directeur scientifique du réseau Vigie Nature sur l’importance de cette collecte de données.

A lire pour mieux connaître l’avifaune de nos jardins : Guide des oiseaux de nos jardins. 50 espèces et leurs chants à découvrir, Claude Feigné, Editions Sud-Ouest.