Coronavirus : ce qui se passe dans les autres pays #5

Entre hâte et craintes d’une deuxième vague, le déconfinement se poursuit partout dans le monde. Et l’on commence à remonter la chaîne des responsabilités…

Allemagne: comment la ville d’Ischgl a contaminé le pays

La petite ville de sport d’hiver, connue pour ses soirées festives, passe depuis le début de la crise pour l’endroit où l’appât du gain a provoqué la contamination de centaines de personnes. Alors que les responsables étaient prévenus depuis le 5 mars 2020 que de nombreux cas venaient de leur ville, ils n’ont fermé la station qu’au 14 mars 2020.

Une enquête de l’IfW de Kiel montre à quel point cet endroit est responsable de la diffusion du virus : aujourd’hui encore, le taux de malades diminue au fur et à mesure que l’on s’éloigne d’Ischgl. Si tous les cantons du pays étaient comme celui de Rügen, le moins touché et le plus éloigné de la station, l’Allemagne compterait 50% de contaminés en moins. L’étude montre aussi qu’un tiers des cas du Danemark et 15% de ceux de la Suède sont dus à Ischgl. Le même cas de « hotspot » semble se vérifier avec l’Alsace.

Corée du Sud, Israël : Vers une deuxième vague ?

Le 26 mai dernier, la Corée du Sud a enregistré 40 nouveaux cas, le plus fort total depuis 49 jours, puis encore 79 cas le 28 mai. Et la tendance se poursuit au point que des restrictions ont été remises en place à Séoul et ses environs : musées, théâtres et galeries marchandes sont de nouveaux fermés jusqu’au 14 juin, les écoles ne recevront plus qu’un tiers des élèves. « Les deux prochaines semaines seront critiques » souligne le ministre de la santé.

En Israël aussi, on enregistre une forte augmentation des nouveaux cas. Alors que le pays s’en était sorti mieux que prévu, des mesures d’allègement avaient été prises, notamment avec la réouverture des écoles à la mi-mai.

Inde : la chloroquine encouragée

Le Conseil Indien pour la recherche médicale, la plus haute autorité du pays en matière médicale, a conseillé l’utilisation de l’hydroxychloroquine pour les personnels de santé en guise de traitement préventif. L’ICMR estime qu’elle ne provoque « pas d’importants effets secondaires » et qu’elle « peut peut-être s’avérer utile car ses bénéfices dépassent ses inconvénients ». Il précise cependant qu’il doit être utilisé sous strict contrôle médical et a publié un protocole d’utilisation complet. L’Inde produit 70% de l’hydroxychloroquine mondiale.

Jean-Luc Eluard

Image par Mark Leslie de Pixabay