Des Limousines «cownectées » pour faire avancer la science sur leur fertilité

Si les vaches arborent un collier autour du cou, ce n’est pas pour jouer les Top model, mais pour la bonne cause… : une étude baptisée Cownect sur la fertilité menée depuis quatre ans

Elles sont environ 6.000 à avoir participé, sans le savoir, au programme « Cownect » initié par France Limousin Sélection. Réparties dans 37 élevages majoritairement en Limousin mais aussi en Bretagne, Pays de Loire et Grand Est, ces vaches limousines ont été équipées d’un collier truffé de capteurs et relié à Internet via un smartphone afin de collecter des données en temps réel.

L’objectif est de détecter le retour des chaleurs après vêlage, le moment où les belles rousses sont prêtes à rencontrer le taureau de leur rêve. L’attente de l’éleveur est plus terre à terre, il a besoin d’un veau par an et par bête pour maintenir son exploitation à flot.

Problème : les chaleurs de ces demoiselles sont courtes, 12 h à 48 heures. Il ne doit pas louper la fenêtre de tir au risque de manquer de veaux. « Lorsque les vaches sont en bâtiment, l’éleveur voit facilement laquelle est en chaleur mais quand elles sont au pré, c’est plus compliqué explique Vincent Prieur, ingénieur en charge du projet. Nous n’avons pas de données sur ce retour de l’activité sexuelle après vêlage alors que nous connaissons parfaitement la généalogie de ces animaux là. L’idée est aussi d’aider les éleveurs à mieux sélectionner leurs animaux grâce à des marqueurs de prédiction génétique et génomique au cours de leur activité sexuelle. »

Une sélection plus poussée

Une fois connu, ce caractère appelé «anœstrus post-partum » fournira un critère de sélection supplémentaire. L’intervalle entre le vêlage et le retour en chaleur varie en fonction de l’origine génétique de chaque animal et ce caractère est transmissible.

Ainsi, les capteurs ont permis de mesurer l’activité générale des animaux ainsi que la rumination, celle-ci augmentant au cours des chaleurs. L’analyse complète des données collectées sera finalisée en fin d’année. « Elles permettront d’améliorer les connaissances actuelles sur la fertilité femelle de la race Limousine, notamment en mesurant un phénotype jusqu’alors inconnu et non évalué en race allaitante. »

La dernière étape consistera à inclure la fertilité des femelles dans les tests génétiques et génomiques que commercialise la société Ingénomix basée à Limoges. Les éleveurs pourront dès lors pousser davantage les critères de sélection et réduire la part d’erreur.

Corinne Mérigaud