L’apparition de fleurs sauvages en ville encourage de nouvelles pratiques d’entretien

Les nouvelles espèces de plantes apparues en centre-ville de Limoges a impulsé de nouvelles méthodes plus douces de jardinage, indispensables pour lutter contre les îlots de chaleur et apporter de la biodiversité.

L’herbe avait tellement poussé durant le confinement à Limoges comme ailleurs qu’elle dépassait un mètre. Depuis le 11 mai, les agents des espaces verts ont ressorti leurs tondeuses et découvert de nouvelles plantes au milieu des herbes folles comme l’orchidée sauvage, le grand mauve, l’achillée, la brunelle, la vipérine et le millepertuis. Faute de tontes, les semences présentes dans le sol ont eu le temps de germer, le printemps chaud favorisant leur croissance.

La biodiversité a repris ses droits où ne poussait que de l’herbe domestiquée au centimètre près. De quoi remettre en question certaines pratiques d’entretien. « Ces plantes sont apparues un peu partout bien que nous ayons différentes classes de gestion des espaces verts, précise Laurent Bray, directeur du service espaces verts, nous les avons laissées pour conserver cette image d’espaces plus naturels qu’avant. Et nous avons décidé de pratiquer davantage la gestion différenciée d’opportunité. »

Des végétaux pour diminuer la température

Des orchidées sauvages sont apparues à Limoges durant le confinement. PHOTO Ville de Limoges

L’objectif est de laisser une place plus importante à la nature en centre-ville. Le nombre de surfaces végétalisées et d’arbres va ainsi augmenter. La nature apporte une qualité de vie à l’homme urbain dans un espace très minéralisé où l’effet îlots de chaleur est très marqué.

Avec le retour de certaines espèces, les oiseaux reviennent, les insectes réinvestissent la ville et la pollinisation est meilleure. Des herbes plus hautes rafraîchissent davantage l’atmosphère, phénomène appréciable lors d’épisodes de canicule. Quand l’herbe est tondue, l’eau ruisselle bien plus vite.

A Montréal, les habitants sont fiers de leurs pelouses manucurées. La Fondation David Suzuki a dévoilé une étude intitulée « La fin du gazon » réalisée par quatre chercheurs des Universités du Québec et de Montréal. Ils concluent à une moindre efficacité du gazon tondu pour atténuer les îlots de chaleur et favoriser la biodiversité. « Bien que les surfaces gazonnées permettent de diminuer la température ambiante par rapport aux surfaces minérales, elles sont moins performantes que des surfaces de végétation basse plus complexes et beaucoup moins performantes qu’une canopée forestière », assurent les chercheurs.

Même au Château de Versailles, dans le jardin anglais, pâquerettes et boutons d’or ont envahi les pelouses durant le confinement et des oiseaux, comme l’oie Bernache, sont arrivés. Une perspective nouvelle saluée par Alain Baraton, le jardinier en chef.

Corinne Mérigaud

Image par Meine Männerwelt de Pixabay