Les substituts végétaux sont-ils (vraiment) bons pour la planète ?

« Steaks » à base de protéines de blés ou de soja, « Nuggets » fabriqués à partir de légumineuses comme les pois cassés… Les alternatives végétales à la viande sont de plus en plus présentes dans les rayons des hyper et super marchés. Mais leur bilan carbone et environnemental est-il à la hauteur des attentes des consommateurs ?

Les consommateurs soucieux de diminuer leur consommation de viande ou de la supprimer totalement de leur assiette sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les substituts végétaux prêts à consommer. Ce, par souci éthique (respect de l’animal), nutritionnel (alimentation moins carnée) ou environnemental (lutte contre le réchauffement climatique, limitation des pollutions). Arrêtons nous un instant sur ce dernier point et mettons les pieds dans le plat.

1- Un bilan carbone favorable ?

VRAI. Les légumineuses qui entrent en grande partie dans la fabrication de ces « steaks » végétaux affichent un meilleur bilan carbone que les produits carnés. L’étude la plus complète sur l’empreinte écologique des aliments, publiée en juin 2018 dans la revue Science, souligne ainsi que la viande de bœuf dégage 50 fois plus de gaz à effet de serre (impliqués dans le réchauffement climatique) que la production des légumineuses, et celle de porc environ 5 fois plus. Mais regarder notre « steak » végétal avec cette seule lorgnette serait quelque peu réducteur.

2- Le soja, c’est bon pour la planète ?

FAUX. A l’échelle planétaire près de ¾ des substituts végétaux contiennent du soja. Or cette légumineuse, réputée pour sa richesse en protéines, est principalement cultivée aux États-Unis, au Brésil et en Argentine. Et ces pays ne s’embarrassent pas vraiment de contraintes écologiques ou scientifiques. L’explosion de la production, destinée à la consommation humaine ou à celle du bétail, a ainsi largement profité aux plantations d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Pour répondre à cette demande, les pays d’Amérique latine comme le Brésil, défrichent et déforestent également à tout va. Au point que la culture du soja est aujourd’hui l’une des principales causes de déforestation de l’Amazonie avec celle de la canne à sucre et l’expansion de l’élevage bovin.

80 % du soja utilisé en France est importé, essentiellement pour l’alimentation du bétail. Et 50 % de ces importations proviennent du Brésil. Source : FAO

3- Le bon sens… près de chez vous

Comment dès lors distinguer le bon grain de l’ivraie ? En commençant par limiter drastiquement, voire bannir les Aliments Ultra Transformés (AUT), aussi mauvais pour notre santé que pour notre planète. Et en adoptant au contraire la règle des « 3V-BLS » ­: végétal, vrai, varié, si possible bio, local et de saison.

La bonne nouvelle ? Le soja est (aussi) cultivé en France, principalement dans le sud-ouest et l’est de notre pays. Et fabriquer un steak végétal maison, avec des légumineuses et des céréales cultivées sur notre territoire, ne prend que quelques minutes. A défaut, achetez les dans des magasins spécialisés plutôt que dans un hypermarché en veillant à ce que leur composition soit la plus simple possible.

Alexandrine Civard-Racinais