Covid 19 : Confirmation d’efficacité pour les vaccins, inquiétudes pour l’environnement tropical

Une première étude grandeur nature est plutôt optimiste sur le niveau de protection du vaccin. Certains gouvernements utilisent le Covid pour revenir sur des lois environnementales et notamment sur la protection des forêts et de leurs habitants

Israël, Grande-Bretagne : vaccination efficace oui… mais jusqu’à quel point ?

Le vaccin Pfizer fait baisser de 90% les probabilités de déclarer un Covid symptomatique estime une étude de l’institut Clalit. Cet organisme de recherche est le premier à faire une étude « en situation » sur l’efficacité du vaccin. Il se base sur la campagne de vaccination israélienne, l’une des plus avancée et la plus documentée au monde. Ces chiffres sont proches des études en laboratoire fournies par le fabricant. En outre, la probabilité de déclarer une forme grave baisse de 92% d’après ces chiffres recueillis auprès de 1,2 million de personnes. Mais il y a un biais là aussi : les premiers à se faire vacciner sont aussi les plus susceptibles de respecter les gestes barrières.

Par ailleurs, l’hôpital Sheba en Israël estime à 85% l’efficacité du vaccin dès la première dose. Un chiffre sujet à caution : une étude canadienne le porte à 92,6%. Cela lui permet de recommander le report de la deuxième dose pour faire face à la pénurie de vaccin. Mais les Anglais, eux, parlent de 70% d’efficacité pour une dose auprès des personnels médicaux, et de 75% auprès des personnes âgées ce qui nécessite une deuxième dose rapidement.

Irlande : voyages médicaux et cendres en click and collect

Beaucoup d’Irlandais contournent l’interdiction de voyager en profitant d’un trou dans la législation. Elle prévoit en effet que les Irlandais n’ont pas le droit de sortir du pays pendant la pandémie sauf pour raisons médicales. Le nombre de rendez-vous d’Irlandais chez les dentistes des Iles Canaries a explosé. La plupart proviennent de jeunes couples qui ne se donnent même pas la peine de venir ni d’annuler.

Par ailleurs, dans ce pays encore très catholique, un prêtre du Donegal a prévu le nécessaire pour que ses paroissiens puissent fêter le Mercredi des cendres. En collaboration avec une grande surface qui lui a fourni les contenants, il a distribué 200 paquets de cendres bénites. Les paroissiens ont pu se les appliquer eux-mêmes sur le front en disant la prière fournie avec le kit.

États-Unis : vieillir pour être vaccinées

En Floride, deux femmes de 34 et 44 ans ont été arrêtées après avoir tenté de se faire vacciner, déguisées en femmes âgées. Portant bonnets et lunettes de soleil, maquillées pour se vieillir, elles se sont présentées à un centre de vaccination. Elles présentaient en outre une carte de vaccination validée après une première injection. Elles ont été trop gourmandes : elles se sont fait prendre quand on s’est aperçu qu’elles n’avaient visiblement pas les 65 ans révolus nécessaires.

Destruction des forêts primaires : le Covid comme prétexte

Beaucoup de gouvernements utilisent la pandémie pour mettre en œuvre des programmes de développement destructeurs pour la forêt ou pour supprimer les lois protégeant les indigènes. Selon un rapport de l’ONG Forest People’s Programme, c’est le cas au Brésil, en Colombie, en RD du Congo, en Indonésie et au Pérou. Au Brésil, les mesures de protections des Indiens sont supprimées. En Colombie, la déforestation a augmenté de 80% durant le confinement et le gouvernement a affaibli les lois protégeant les Indiens des forêts. En Indonésie, une loi prend le prétexte de la création d’emplois post-Covid pour affaiblir les lois de protection de l’environnement. Au Pérou, le gouvernement veut faire redémarrer l’économie grâce à l’exploitation forestière, minière et pétrolière, suspendant pour ce faire les contrôles environnementaux.

Brésil : mort du dernier Juma

Aruka Juma est mort des complications du Covid : il était le dernier membre masculin de la tribu des Juma. Installés dans le haut-bassin de l’Amazone, les Juma comptaient entre 12 et 15 000 membres au XVIIIe siècle. Il était âgé d’environ 90 ans et laisse derrière lui trois filles et toute la mémoire de sa tribu. Cette mort met en lumière l’inquiétude que fait peser la maladie sur les tribus amazoniennes. En janvier dernier, dix enfants Yanomani sont morts du Covid, laissant penser à une vulnérabilité plus importante des tribus indiennes.

Jean-Luc Eluard